03/09/2025
L’Ecole à 3 ans :
Mettons d’abord un coup de pied dans la fourmilière :
les enfants n'ont pas "besoin" de séparation forcée avec leur figure d'attachement pour grandir, et s’émanciper. Qu’ils aillent en crèche, à l’école ou qu’ils n’y aillent jamais, c’est un contexte favorable de sécurité en côtoyant des adultes sécurisant dans leur environnement qui leur permettra d’explorer le monde et de petit à petit s’aventurer, seuls, vers de nouvelles expériences et en aucun cas, le fait d’évoluer dans un espace clos avec d’autres enfants.
Il n'y a aucun problème à ce que des séparations parents/bébé arrivent, même quotidiennement, et même quand les enfants sont tout-petit.
Il n’y a aucun problème si, et seulement si, ils ont pu créer une relation sécure et de confiance avec les personnes qui les accueillent.
Si j’enfonce une porte ouverte, j’ai bien l’impression qu’il est essentiel de le dire et le redire.
Naturellement les petits ont besoin de vivre parmi les adultes auxquels ils s'attachent pour trouver la sécurité dont ils ont besoin afin de pouvoir explorer, apprendre et grandir (et c'est une réalité pour une grandes majorité des espèces qui peuplent cette planète). . Cela n'a rien de contre nature de voir un enfant évoluer dans un contexte d’attachement sécurisant avec un autre adulte que ses parents. Qu’il s’agisse d’une personne qui s’en occupe en journée comme un.e assistant.e maternelle, d’un.e enseignant.e ou d’un membre de la famille ou du cercle proche, ce dont a besoin un tout-petit c’est d’un contexte favorable à créer de l’attachement, de la sécurité, pour pouvoir ensuite laisser aller libre cours à ses besoins d’exploration (Bouger, manger, apprendre, jouer..).
Aujourd’hui, bien que ce contexte qui rend obligatoire l’Ecole et la séparation des tous les petits de 3 ans avec leur figure d'attachement soit parfaitement discutable, et même selon moi, aussi inutile que difficile, il est le quotidien de nombreuses familles qui inscrivent leur petit à l’Ecole parce que faire autrement leur semble impossible voire insurmontable ou même n'est pas une option.
S’il est vrai qu’il est courageux aujourd’hui de défier l’administration et ses menaces en choisissant de ne pas scolariser ses enfants (soutien aux familles qui font le choix de l’IEF dans ce contexte oppressif) , il ne faut pas voir un manque de courage pour les familles qui se tournent vers l’Ecole, surtout pour celles qui le font à contre cœur. En fait c’est tout aussi courageux car difficile dans les 2 cas : pour les unes, lutter contre le rouleau compresseur de l’administration qui empêche les libertés, pour les autres, batailler pour créer le contexte le plus favorable possible pour leurs enfants sans avoir à se lancer dans une bataille administrative qui les terrorise.
L’obligation de scolarisation que l’Etat a choisi d’imposer aux familles est source de plus de complexités, de stress et de cette impression de ne pas faire les bons choix parce qu'en réduisant la liberté, ce qui aurait pu être un choix réfléchi ou répondre à un besoin spécifique, devient une contrainte dans laquelle chacun se contorsionne et cherche une solution pour ne pas en pâtir.
Quoiqu'il en soit, à ce jour, personne n’a d’autre choix que faire avec ce contexte, quelque soit sa propre décision.
Ce contexte, rendu obligatoire, crée une insécurité globale qui pèse sur les parents et par ricochet sur leur petit. Pour les familles qui se tournent vers l'Ecole, il complexifie le moment de séparation, d’autant plus lors des premières semaines, en septembre ce que vous êtes peut-être nombreux et nombreuses à vivre en ce moment.
C'est pourquoi il est important de garder en tête que "la séparation" en elle même n'est pas un problème, et qu'aucun enfant n'a de "difficulté avec la séparation". C'est le contexte et l’absence de relation positive qui rend ces moments de séparation douloureux, rien d'autres ! (J’ai déjà écrit un autre texte pour demain à ce sujet, vous y trouverez peut-être des pistes pour vous aider !).
Je vous envoie mon soutien et beaucoup de force. Et si besoin on en parle ici en commentaire pour trouver comment moduler le contexte et apaiser les cœurs.
Prenez soin de vous et de vos petits,
Marjorie.