05/01/2026
À ceux nés entre 1955 et 1985 —
enfants du monde d’avant, parents du monde d’après.
Nous avons grandi entre deux battements du temps.
Entre l’analogique et le numérique.
Entre la lenteur et l’instantané.
Nous avons connu les cabanes dans les arbres bien avant les stories Snapchat,
les lettres parfumées avant les messages instantanés,
les dimanches sans Wi-Fi mais pleins de présence.
Nous sommes la génération des clés autour du cou,
des goûters sur les marches,
des vélos sans casque et des genoux écorchés.
On rentrait quand les lampadaires s’allumaient,
pas quand la batterie du téléphone faiblissait.
Nous avons écouté la radio qui grésille,
rembobiné des cassettes avec un stylo,
regardé des télévisions sans télécommande,
et pesté contre les magnétoscopes qui avalaient les bandes.
Nous avons vu naître Internet,
les premiers ordinateurs,
les SMS facturés à l’unité,
et ce bruit si particulier du modem qui se connecte.
Nous avons dansé sur Goldman, Indochine, Téléphone, Balavoine.
Enregistré nos chansons préférées sur cassette,
le doigt prêt sur “Rec”,
et chaque CD rayé portait une histoire.
Nous avons connu les francs avant l’euro,
les cabines téléphoniques avant les smartphones,
les lettres d’amour avant les “vu à 14h23”.
On écrivait “tu me manques”.
On ne disparaissait pas sans un mot.
Nous avons grandi avec l’odeur du pain chaud,
le bruit d’un ballon contre un mur,
le goût du sirop dilué dans les verres Duralex.
Nos parents ne parlaient pas de charge mentale,
mais ils portaient le monde sans se plaindre.
On nous a appris à attendre, à réparer, à respecter.
À tomber, à se relever, à demander pardon sans emoji.
Nous sommes cette génération charnière.
Celle des cartes routières avant le GPS.
Des photos ratées qu’on découvrait une semaine plus t**d.
Des repas sans écran, où l’on se regardait vraiment.
Et malgré tout ce qui a changé,
nous gardons le goût du vrai, du simple, du vécu.
Parce qu’avant, ce n’était pas forcément mieux.
C’était juste plus humain.
Alors à nous.
À cette génération debout entre passé et avenir.
À ceux qui savent d’où ils viennent
et qui avancent encore, le cœur chargé de souvenirs et de force. ❤️