21/09/2024
Devenir mère - (je ne parle ici que de ma Vérité, et je vais bien, je n'écris pas ça pour me plaindre :-D )
Je crois que c'est la mission la plus concrète et en même temps la plus profonde et intime que la Vie m'ait invité à accepter...
En devenant maman, il y a une faille qui s'est créée en moi, une faille inévitable, permettant de laisser passer cet amour infini que l'on reçoit avec l'arrivée de son bébé. Une faille où tout est vulnérable, tout est sensible, sensitif, et en même temps rempli de force, rempli de cette force protectrice de son bébé, telle une lionne prête à bondir si quelqu'un fait la moindre petite chose à son enfant... ça m'a paru naturel et en même temps pas du tout, en même temps facile et super complexe. En même temps évident et complètement inconnu... Je me suis sentie complètement sûre de moi et tout le contraire, comme une espèce "d'handicap" de l'inconnu. Bref, tout et son contraire...
On se fait tout un imaginaire sur ce que c'est "d'être une maman", notamment de par la société et les images véhiculées, mais aussi selon notre propre vécu, nos failles, nos blessures...
Nos enfants nous confrontent à cela, et il est parfois bien difficile d'avoir de la clarté sur ce qui nous traverse. Heureusement, en étant à l'écoute de ce que je vis ET en étant accompagnée, cela me permet de faire la part des choses du mieux que je le peux.
Pour moi, il y avait (sans doute que cela est encore un peu là), une image de "la bonne mère", style la caricature de la mama italienne, toujours chaleureuse, aimante à souhait, dans le don permanent... Bonjour l'exigence. Cela a créé beaucoup de souffrance à certains moments car je n'arrivais pas à atteindre ce "standard" que je m'étais mis en tête. Evidemment, je ne suis pas comme ça...
C'est tout un chemin de découverte et d'acceptation de ce que l'on est vraiment, de nos limites aussi et surtout!
Ce chemin est concret car ce petit être est clairement là, dépendant de nous, en attente, en demande. Nourrir, prendre soin, câliner, changer les couches...
Profond et intime car cela vient remuer les tréfonds de moi-même, les doutes, les fonctionnements...
Le retour de la maternité a été difficile pour moi, sortir de ce petit cocon où on t'amène à manger, où tu ne dois penser à rien d'autre qu'à ton bébé... puis rentrer chez soi, avec d'un coup tout à penser, à gérer... et ne pas avoir envie de ça!
Je voulais juste rester près de Camille et ne pas penser au reste. Il a fallu que je m'habitue à un nouveau rythme, tout en étant le plus possible à l'écoute de nos besoins.
Puis vinrent les doutes "j'ai l'impression d'être une mauvaise maman, de ne pas faire ce qu'il faut, de ne pas être pleinement en lien avec ma fille, j'ai peur de reproduire les difficultés que j'ai vécues enfant, etc. etc.".
Pas trop le choix que d'accepter toutes ces parts qui se présentaient à moi. Et de poser aussi des actions. Radek a été plus que soutenant, il a également fait un soin de récupération d'âme à Camille, ce qui a changé beaucoup de choses dans mon ressenti de notre relation :-) .
Je crois que dans tout cela, ce qui m'aide le plus, c'est de me rappeler, en me plaçant dans mon cœur, quels sont mes élans, mes envies, quelles sont mes intentions avec elle, mais aussi avec moi. C'est aussi de revenir dans mes blessures, y mettre de l'amour, du cœur, pour alléger le chemin. C'est m'ouvrir à la compassion, envers moi, envers cette part si "dure et jugeante" parfois. De la compassion envers ma mère, envers ma grand-mère, et me rappeler que nous faisons du mieux que nous pouvons, avec ce que l'on a reçu, et que nous avons aussi l'opportunité de choisir de faire autrement, non pour les juger, mais pour remettre l'Amour au centre de tout ce chemin