05/12/2025
La Marelle : un Jeu d’Enfants… ou un Chemin Initiatique Caché ?
La marelle est l’un des jeux les plus anciens et les plus universels du monde. On la retrouve sur tous les continents, sous des noms variés : avion, monde, paradis, bois de lait, ou encore escargot. Mais derrière ces carrés tracés à la craie sur les pavés se cache peut-être bien plus qu’un simple divertissement enfantin.
Et si ce jeu naïf était en réalité la survivance d’un véritable parcours initiatique ?
Et si sa structure reprenait, presque trait pour trait, celle de l’Arbre de Vie de la Kabbale ?
Une géométrie sacrée qui traverse les siècles
Le schéma traditionnel de la marelle , une suite de cases montantes, parfois doublées, menant à un cercle final appelé ciel ou paradis , rappelle étonnamment la structure ascendante de l’Arbre de Vie : dix sphères (les sephiroth), reliées par un chemin que l’initié doit franchir pas à pas.
Mircea Eliade, grand historien des religions, ne s’y trompait pas. Il écrivait :
« Les enfants continuent à jouer au jeu de la marelle sans savoir qu’ils donnent une nouvelle vie à un jeu initiatique dont le but est de pénétrer et de pouvoir sortir d’un labyrinthe. En touchant la marelle haut, le paradis, pour se débarrasser, puis les enfants descendent symboliquement en enfer et retournent sur terre. »
Dans ce jeu, chaque case représente un palier de conscience, un état intermédiaire entre la terre et le ciel. Le joueur ne traverse pas simplement un parcours : il rejoue un vieux mythe cosmique, gravé dans la mémoire humaine.
L’équilibre : la clé secrète du parcours
La règle la plus connue de la marelle est simple : avancer sur un seul pied, sans jamais toucher les lignes.
Mais cette contrainte n’est pas anodine.
Dans l’ésotérisme, les « lignes » représentent les limites de la matière, les obstacles, les chutes possibles dans le monde dense. Marcher en équilibre sur un seul pied symbolise la progression de la conscience, qui doit rester droite, vigilante, centrée.
Le passage d’une case à l’autre, parfois à gauche, parfois à droite, incarne aussi l’alternance entre deux forces opposées et complémentaires :
le Yin et le Yang,
la droite et la gauche,
le bien et le mal,
la rupture et l’harmonie,
la rigueur et la miséricorde, exactement comme dans l’Arbre de Vie kabbalistique.
L’enfant saute donc symboliquement entre les deux colonnes de l’Arbre : la colonne de la Sévérité et la colonne de la Clémence.
L’équilibre parfait est atteint lorsqu’il rejoint la case finale : Kether, la couronne, ou dans le jeu… le Paradis.
La Marelle : un voyage de l’âme déguisé en jeu
La marelle raconte en réalité le mythe universel de l’ascension, de la chute et de la rédemption :
1. Départ sur Terre : le monde matériel, dense, carré.
2. Ascension des niveaux : les étapes de la connaissance, de l’apprentissage et de la maîtrise.
3. Atteinte du Paradis : la libération, l’unité, la couronne de l’être.
4. Retour obligatoire sur Terre : car le sage doit redescendre pour transmettre, vivre et créer.
Ainsi, le jeu n’est pas seulement une montée vers le ciel : c’est un aller-retour initiatique, une respiration sacrée entre deux mondes.
Un héritage discret, transmis par les enfants
Chaque fois qu’un enfant dessine une marelle sur la terre ou sur un trottoir, il perpétue sans le savoir un très ancien langage symbolique.
Il rejoue les premières cartes du monde, les premiers schémas du cosmos, les premières voies de l’élévation intérieure.
Ce jeu, si simple en apparence, rappelle que les civilisations ont toujours caché leurs plus grands mystères dans des activités anodines, là où personne n’irait les chercher : dans les contes, les comptines, les rondes… et les jeux d’enfants.
Bienvenue dans le jeu de la marelle et de l’Arbre de Vie
Un jeu d’équilibre.
Un jeu de passage.
Un jeu qui relie la Terre au Ciel.
Ou peut-être, tout simplement…
un ancien rituel initiatique qui continue de vivre dans les rires des enfants.
Namasté 🙏🏻