28/02/2026
L’enquête de la RADIO TELEVISION SUISSE (RTS) sur les contrôles anti-feu à Crans-Montana est dérangeante.
Pas seulement pour la commune concernée mais pour toute la profession.
Plus de 80 % des établissements échappaient au contrôle annuel, pour les autres, certaines inspections ressemblaient à des mesures “à la tête du client”.
Ce n’est pas un simple dysfonctionnement administratif mais une fracture dans le principe même de la prévention.
La sécurité incendie repose sur une règle simple, elle doit être impartiale, systématique et cohérente. Sinon, elle perd sa légitimité.
Quand les contrôles deviennent irréguliers, quand l’application des exigences varie selon l’interlocuteur, quand un audit identifie les failles mais que rien ne change…
On ne parle plus de prévention mais de gestion aléatoire du risque.
Et le feu, lui, n’est jamais aléatoire. Il n’épargne ni les bons élèves ni les établissements “moins surveillés”. Il ne distingue pas les établissements contrôlés de ceux oubliés. Il exploite les failles, toutes les failles.
Ce type d’affaire met aussi en lumière une autre réalité : la prévention ne peut pas être perçue comme punitive ou opportuniste. Elle doit être technique, argumentée, traçable et identique pour tous. Sinon, les exploitants sérieux finissent par douter.
Dans le même reportage, Zurich est cité comme contre-exemple là où la réglementation est strictement appliquée et suivie, les résultats se ressentent directement sur les sinistres.
Ce n’est pas une opinion. C’est un fait.
La prévention incendie fonctionne quand elle est :
- régulière,
- équitable,
- techniquement encadrée,
- politiquement soutenue.
Elle échoue quand elle devient variable, tolérante ou instrumentalisée.
Il faut aussi le dire des élus locaux mal informés, ou mal conseillés, peuvent fragiliser tout un système.
Lorsqu’on minimise une exigence réglementaire pour “arranger” un exploitant, lorsqu’on présente une contrainte comme facultative, lorsqu’on relâche la pression technique… on ne rend pas service. On crée une dette de sécurité.
Lors des audits et accompagnement avec BFS&Co ou avec SILEO - Centre de Formation en Sécurité à Monaco, notre rôle est justement d’accompagner les établissements pour qu’ils ne dépendent pas uniquement du contrôle externe, mais développent une véritable maîtrise interne du risque.
En France, le cadre réglementaire ERP est solide.
Mais sa force dépend de l’implication réelle des exploitants et des collectivités.
La prévention ne peut pas reposer uniquement sur les commissions de sécurité ou sur la bonne volonté des exploitants.
À Monaco, la vigilance constante du Gouvernement Monaco notamment de la Direction de la Prospective, de l’Urbanisme et de la Mobilité et du Corps des Sapeurs-Pompiers de Monaco montre qu’une exigence claire, technique et assumée produit des effets concrets.
La sécurité incendie n’est ni une option budgétaire ni un levier politique. C’est une responsabilité.
Crans-Montana : des contrôles anti-feu appliqués de manière inégale | RTSNotre enquête sur les contrôles anti-feu est accablante pour la commune de Crans-Mon...