21/12/2025
Je suis tombée sur ce carrousel de .psy sur Instagram
Et même si je comprends l’intention derrière ce message, je dois être honnête : je ne suis pas complètement d’accord avec cette vision.
Oui, notre monde est surstimulant, rapide, fragmenté.
Oui, il crée un décalage immense entre nos besoins humains profonds et ce qu’il nous impose.
Mais réduire les demandes de diagnostic à une simple réaction à un environnement “mal adapté”, c’est passer à côté d’une réalité que beaucoup d’entre nous vivent dans leur chair.
Parce que se faire diagnostiquer aujourd’hui, ce n’est pas une démarche confortable.
Pour ma part, j’ai dû appeler plus de 40 psychiatres avant d’en trouver un qui a finalement accepté de me recevoir, alors qu’il ne prenait plus de nouveaux patients.
On ne fait pas ça “pour une étiquette”.
On fait ça parce qu’on souffre, parce qu’on ne comprend plus, parce qu’on s’épuise.
Et non, obtenir un diagnostic ne nous rend pas aveugle.
Nous savons très bien que notre mal-être vient aussi d’une surstimulation permanente, d’un manque de cohérence, d’une lassitude profonde, d’une déprime ambiante.
Mais savoir ça ne nous aide pas à aller mieux.
“OK, je ne vais pas bien parce que le monde ne tourne plus rond”… très bien.
Et on fait quoi, nous, avec ça ?
Le diagnostic, lui, ouvre des portes :
- des thérapies adaptées,
- des stratégies ciblées,
- parfois un traitement nécessaire,
- et surtout une compréhension fine de notre fonctionnement.
Dans le cas du TDAH, il ne s’agit pas seulement d’être “mal adapté à la société moderne”.
Il faut composer avec :
- une attention instable,
- une impulsivité difficile à canaliser,
- une agitation interne,
- une surcharge mentale,
- une désorganisation chronique,
- des oublis constants,
- une régulation émotionnelle complexe,
- une procrastination paralysante,
- une fatigue cognitive permanente.
Et bien souvent, il y a d’autres troubles associés : anxiété, troubles du sommeil, hypersensibilité, troubles de l’humeur…
Ce n’est pas juste “un monde trop rapide”.
C’est un fonctionnement neurocognitif réel, documenté, qui peut devenir extrêmement douloureux quand il n’est pas compris.
Alors non, je ne partage pas cette idée que tout se résume à un environnement inadapté.
Le modèle social est mauvais, oui.
Mais quand une personne souffre au point de se mettre en danger, il y a bien un dysfonctionnement quelque part, et il mérite d’être identifié et accompagné.
Et non, on ne “reprend pas la main” simplement en posant une étiquette.
Mais cette étiquette nous donne des repères.
Elle nous permet de comprendre quelles actions seront réellement aidantes, quels ajustements mettre en place pour avancer, pour respirer, pour aller un peu mieux chaque jour.
Demandez autour de vous :
HPI n’est pas une étiquette que l’on arbore fièrement.
C’est souvent l’inverse.
Et apprendre — parfois t**d dans la vie, comme à 50 ans pour moi — qu’il existe des approches ciblées et des traitements qui peuvent réellement améliorer le quotidien… c’est une quête, pas une mode.
Les TDAH, HPI, hypersensibles… cela impacte la sphère familiale, les relations sociales, la vie professionnelle.
Personne ne choisit ça “pour le plaisir”.
Ce sont des réalités qui nous suivent toute la vie.
Partagez vous aussi vos ressentis !
Prenons soin les uns des autres ☺️
Nathalie