26/05/2026
J'ai longtemps cru qu'être forte me protégeait, en fait je ne me posais même pas la question, c'était logique pour moi de montrer que j'étais forte. Aujourd'hui, j'y vois plutôt de l'orgueil.
Une part de moi veut être parfaite, forte, au-dessus, toujours capable. À l'époque elle voulait avoir les meilleures notes, être mince, sportive, intelligente, irréprochable, être celle qui réussit, qui sait, qui n'a besoin de personne, qui peut toujours plus.
Cette part de moi ne voulait surtout pas qu’on la croit faible, incapable ou insuffisante, alors elle me protégeait en cherchant à être "plus que tout le monde".
Cette part orgueilleuse avait pris toute la place me coupant totalement de mon cœur et de celui des autres. Je devais être plus pour survivre.
Je portais une armure que je voulais brillante, efficace, performante, mais qui était terriblement lourde à porter.
La boulimie m'a permis de tenir face à ce fardeau. Elle me permettait de supporter ce que je m’imposais, de relâcher ce que je ne savais pas déposer autrement, de survivre à cette exigence permanente d’être à la hauteur.
Puis après une séparation, un licenciement (et je passe les détails), un matin, je me suis levée avec cette sensation que la boulimie n’était plus là, à l’intérieur de moi.
Mais mon ego s’est vite emparé de cette expérience. Il m’a fait croire que j’étais sortie d’affaire, que j’étais guérie.
Alors que la racine de mes maux était toujours présente. J’avais simplement changé de manière de remplir. Je ne remplissais plus de la même façon, mais je remplissais encore : Formations, masterclass, vidéos, documentaires, podcasts, livres, rituels, pratiques, apprentissages…
Et ma part orgueilleuse s’est emparée de tout ce contenu avec une volonté d’imposer ce que j’avais appris. Je passais mon temps à lire le monde sous ce nouvel angle, à vouloir comprendre, expliquer, montrer que je savais, à vouloir prouver que je voyais ce que les autres ne voyaient pas.
Et, sans m’en rendre compte, j’en oubliais l’essentiel : la vie se vit ici, maintenant.
Il y avait encore, cette volonté de contrôler la vie, d’être la plus forte, de ne jamais montrer sa vulnérabilité.
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