15/04/2026
Elle est entrée dans mon cabinet un peu hésitante… avec cette façon de regarder autour d’elle comme si elle cherchait les bons mots avant même de s’asseoir.
Catherine a 52 ans.
Elle s’est installée doucement et a posé son sac sur ses genoux.
« Docteur… je crois que mon corps a changé de mode d’emploi. »
Je lui ai souri.
Puis elle m’a expliqué.
Depuis un an, les règles se sont arrêtées. Les nuits sont devenues plus chaudes, parfois agitées. Le matin, elle se réveille plus fatiguée qu’avant.
Et surtout… il y a ces kilos qui sont arrivés sans prévenir.
« Je ne mange pourtant pas plus… mais mon ventre… »
Elle pose la main dessus comme pour s’excuser.
Je l’écoute.
Et je vois surtout une femme qui traverse un passage.
Pas une faute.
Pas un échec.
Un passage.
Je lui explique doucement que la ménopause change l’équilibre du corps.
Que les hormones diminuent, que le métabolisme ralentit un peu, que la graisse aime parfois se poser autour du ventre comme un manteau qu’on n’a pas choisi.
Elle m’écoute en silence.
Puis elle dit quelque chose de très simple :
« Alors… je ne suis pas devenue paresseuse ? »
Et là… je sens mon cœur se serrer doucement.
Parce que tant de femmes arrivent avec cette idée-là.
Comme si leur corps les trahissait…
comme si elles avaient fait quelque chose de mal.
Je secoue la tête.
« Non Catherine. Votre corps ne vous trahit pas. Il change de saison. »
Elle reste silencieuse un instant.
Puis elle sourit. Un sourire plus léger.
Parce qu’au fond, accompagner la ménopause, ce n’est pas lutter contre le temps…
Ni être en guerre avec son corps…
Un peu moins contre soi…
…et un peu plus avec soi…
Et parfois… le plus grand changement ne se voit pas sur une balance…🩷