21/11/2025
François Morel a perdu en février dernier celle qui partageait sa vie, l’artiste Christine Patry-Morel décédée à l’âge de 67 ans.
François Morel confiait récemment à la radio une citation qu’il présenta comme celle que préférait son épouse :
« Moi par dessus tout c’est la g*ité qui m’en impose » (issue du livre de Nicolas Bouvier « l’usage du monde »).
François disait que cette phrase résonne en lui aujourd’hui, comme une invitation, une prescription, un mantra.
Il ajoutait :
« La g*ieté serait un courage, une attitude. La g*ieté serait une volonté, une exigence. Presque une morale.
Une manière de s’opposer à un monde qui semble ne vouloir comprendre que la violence, le rapport de force, l’humiliation de l’autre.
Dans une société hystérique, dans un monde à feu et à sang, la g*ieté serait une vertu, une vertu apaisante et créatrice.
Pas une indifférence au monde, pas un ravissement crétin, pas une béatitude hors sol, mais une éthique, un principe de vie, une philosophie.
Moi par-dessus tout, c’est la g*ieté qui m’en impose.
Jean-Louis Trintignant aimait citer ce qu’il tenait pour le plus court poème de Jacques Prévert : « Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ».
Par ailleurs, il est poli d’être g*i, ainsi que l’ont dit tout un tas de gens à qui l’on prête cette phrase, qui considèrent que la g*ieté serait une bienséance.
Moi, par-dessus tout, je vais tenter de rendre présents les disparus par mon assiduité aux vivants, par le bonheur traqué, par la joie retrouvée, par la promesse des lendemains, par la vaillance revendiquée, par la g*ieté qui m’en impose. »
Dans ce torrent de médiocrité et de haine qui se déverse chaque jour, il existe quelques sources de lumière.
Merci François Morel!