04/02/2026
Chaque jour, il nous arrive à tous de chercher un mot.
Cela m'est arrivé encore hier soir : "mais tu sais… c'est un mot de 3 ou 4 syllabes, qui finit en -tion !"
J'en connais parfaitement le sens, je sais quand l’utiliser, je l'ai même utilisé récemment en faisant réviser son cours d'histoire à mon fils 📚
Et pourtant, impossible de le retrouver...
L’agacement monte, la frustration aussi 😤
J'insiste, je m'acharne, je n’écoute plus vraiment la suite de la conversation, je m'enferme dans cette recherche du mot.
Tout mon espace mental est occupé par ce mot manquant. Il est là, sur le bout de la langue… mais il ne sort toujours pas.
Cette situation, elle nous arrive combien de fois ? Une fois par semaine ? Deux, peut-être ?
Pour une personne aphasique, ce combat n’a rien d’exceptionnel.
Il se rejoue pour chaque mot, ou presque, selon la sévérité des troubles phasiques.
Chaque phrase demande un effort immense. Chaque prise de parole devient une épreuve.
La pensée est là, claire, parfaitement intacte 💡. Les idées sont présentes, organisées. Mais le chemin pour les transformer en mots est semé d’embûches.
Cette lutte permanente contre l'anomie entraîne une surcharge cognitive 🧠, une fatigue invisible, un découragement profond.
Et ces échecs de communication à répétition engendrent rapidement un isolement social. Parce que les gens autour de moi n'ont pas le temps d'attendre que ce fameux mot sorte enfin de ma bouche.
L’aphasie est un trouble du langage, consécutif à une lésion cérébrale de l’hémisphère gauche, le plus souvent après un AVC 🧠
Ce n’est ni une perte d’intelligence, ni une confusion de la pensée. C’est un empêchement à dire 💬
Il est parfois difficile de se représenter ce que vit une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. On se dit que c’est impensable d’oublier un jour le visage de ses enfants.
Se mettre à la place d’une personne aphasique est, paradoxalement, plus simple : elle reconnaît ses enfants 👩👧👦, elle sait qui ils sont, elle les connaît par cœur.
Mais peut-être qu’un jour, elle n’arrivera plus à les appeler par leur prénom...
Cette impossibilité à dire, répétée jour après jour, finit inévitablement par frustrer et par isoler.
N'oublions pas une chose : ne pas pouvoir parler ne signifie en aucun cas ne pas avoir quelque chose à dire 🗣️