12/12/2025
Derrière la porte…..
Derrière la porte d’un cabinet de psychologue, ce sont d’abord des vécus concrets de femmes qui se présentent :
violences conjugales, agressions sexuelles, viols, emprise psychologique, charge mentale chronique, épuisement, précarité financière, isolement des familles monoparentales, insécurité durable.
Ces événements laissent des répercussions psychiques significatives : troubles anxieux, troubles du sommeil, hypervigilance, difficultés relationnelles, altération de l’estime de soi, sentiments de honte et de culpabilité, ainsi que des tableaux de stress post-traumatique, simples ou complexes.
Dans ce contexte, il m’est impossible de rester indifférente aux discours ou aux mouvements qui banalisent, minimisent ou disqualifient les luttes féministes.
Je ne veux pas de posture politique, mais ces discours ont des effets directs et observables sur la santé mentale des personnes accueillies en consultation.
Les mouvements féministes ont permis des avancées structurantes, y compris pour la pratique clinique, reconnaissance des violences sexuelles et conjugales, évolution de la notion de consentement, droit à disposer de son corps (contraception, IVG), possibilité de nommer le viol conjugal, amélioration, encore incomplète, de la protection juridique des victimes.
La tribune des 343 femmes, en 1971, ayant déclaré publiquement avoir avorté, a constitué un moment déterminant.
L’expression « les 343 salopes », employée à l’époque par Charlie Hebdo, relevait d’une stratégie provocatrice visant à soutenir et rendre audible leur parole, dans une logique de rupture du silence, et non de disqualification à distance des termes aujourd’hui utilisés pour rabaisser ou faire taire.
Je cherche juste à rappeler la réalité de la souffrance psychique telle qu’elle se manifeste dans les cabinets.
La clinique s’inscrit nécessairement dans un contexte social, culturel et historique.
Ce qui n’est pas reconnu et/ou nommé continue de produire des effets symptomatiques.
Derrière la porte, c’est cette réalité clinique qui est rencontrée et travaillée, au quotidien. Alors NON, ce ne sont pas des « sales connes »….,