17/02/2026
Le rouge à lèvres rouge n’était pas une mode.
C’était une stratégie de guerre.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis que des millions d’hommes étaient au front, des millions de femmes entraient dans les usines, les bureaux et les corps auxiliaires militaires.
Et beaucoup l’ont fait les lèvres rouges.
En 1941, la marque Elizabeth Arden créa une teinte spéciale appelée « Victory Red » pour le Women's Army Corps des États-Unis. La couleur correspondait exactement au rouge de l’uniforme. Ce n’était pas un hasard : c’était un message.
Le gouvernement américain comprenait une chose essentielle :
le moral se construit aussi par l’image.
Le maquillage ne fut pas interdit pendant la guerre. Au contraire, il fut encouragé comme symbole d’optimisme, de discipline et de force féminine. Se peindre les lèvres, c’était dire : nous continuons à fonctionner, nous continuons à produire, nous tenons debout.
Pendant ce temps, en Allemagne, le maquillage voyant était mal perçu par le régime. En revanche, aux États-Unis et au Royaume-Uni, le rouge à lèvres rouge devint un geste idéologique : la liberté face à l’autoritarisme.
Et le Mexique ?
Le Mexique entra officiellement en guerre en 1942. Il n’y eut pas de « Victory Red » institutionnel, mais l’impact culturel fut évident. Dans les années 1940, tandis que le pays s’industrialisait et que se consolidait son âge d’or du cinéma, l’image féminine changea.
Des actrices comme María Félix et Dolores del Río projetaient l’image d’une femme moderne, sûre d’elle, visible dans l’espace public.
Ce ne fut pas un symbole militaire direct comme aux États-Unis.
Ce fut le signe d’un changement culturel plus profond :
La femme mexicaine commençait à occuper des espaces professionnels, urbains et médiatiques qui ne lui appartenaient pas entièrement auparavant.
Le rouge cessa d’être seulement séduction.
Il devint présence.
Il devint déclaration.
Parfois, l’histoire s’écrit aussi devant un miroir.