28/03/2026
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𝐔𝐧𝐞 é𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥’â𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐝é𝐛𝐮𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐄𝐌/𝐒𝐅𝐂
Une nouvelle étude s’est penchée sur l’âge de début de l’EM/SFC à partir de données de 9 380 personnes issues de 10 pays européens, avec une validation dans une sous-cohorte indépendante de DecodeME comprenant 6 455 participants. Dans l’enquête européenne, 88,9 % des répondants déclaraient avoir reçu un diagnostic clinique, mais les auteurs ont aussi inclus des personnes se déclarant atteintes sans diagnostic formel, en raison des différences de pratiques diagnostiques selon les pays.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’é𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞
Le résultat principal est que l’âge de début de l’EM/SFC ne semble pas se répartir de façon uniforme. Les analyses suggèrent au contraire deux pics : un premier autour de l’adolescence, avec une moyenne estimée à 16 ans, et un second plus t**dif, autour du milieu de l’âge adulte, avec une moyenne estimée à 36,6 ans. Les auteurs indiquent aussi qu’il existait un signal statistiquement significatif en faveur d’une distribution bimodale dans 7 pays sur 10.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐚 é𝐭é 𝐚𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢é 𝐚𝐮 𝐝é𝐛𝐮𝐭 𝐩𝐫é𝐜𝐨𝐜𝐞
Les formes à début plus précoce étaient plus souvent associées à un déclencheur infectieux : 57 % contre 47 % dans le groupe à début plus t**dif. Dans DecodeME, la mononucléose infectieuse était elle aussi davantage associée au groupe à début précoce.
Les auteurs rapportent aussi une charge de sévérité plus importante dans les formes à début précoce. Par rapport aux formes à début plus t**dif, elles étaient plus souvent associées à des formes sévères ou très sévères, avec un odds ratio de 2,15. Avoir un parent du premier degré atteint d’EM/SFC était également plus fréquent dans le groupe à début précoce : 22,5 % contre 14,9 %. En revanche, ils n’ont pas retrouvé de différence significative entre les groupes précoces et t**difs concernant la répartition femmes-hommes.
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐬𝐮𝐠𝐠è𝐫𝐞
Ces résultats vont dans le sens d’une maladie qui n’est probablement pas totalement homogène. L’âge de début pourrait donc aider à mieux distinguer certains sous-groupes de patients. Mais cette étude ne dit pas pourquoi ces différences existent, ni quels mécanismes précis seraient en cause.
𝐋𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞𝐬
Il faut quand même rester prudent. Il s’agit en grande partie de données d’enquête auto-rapportées, avec des biais possibles de mémoire et d’échantillonnage. Les auteurs signalent aussi une troncature des données anciennes dans l’enquête européenne. Et dans DecodeME, l’âge de début n’était pas mesuré directement : il a été reconstruit à partir de tranches de durée de maladie, avec une marge d’erreur, et les cas à début précoce y sont probablement sous-représentés.
𝐄𝐧 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫
Cette étude est intéressante parce qu’elle renforce l’idée que l’EM/SFC pourrait comporter plusieurs profils, dont un début plus précoce associé plus souvent à un déclencheur infectieux, à une sévérité plus marquée et à des antécédents familiaux. Mais ce n’est pas une preuve sur les causes de la maladie, et ces résultats doivent être lus avec prudence.
McGrath, S. J., Hillier, C. B., Dibble, J. J., Schei, T., Angelsen, A., & Ryback, A. A. (2026). Incidence age is bimodal for Myalgic Encephalomyelitis / Chronic Fatigue Syndrome, with higher severity burden for early onset disease. Oxford Open Immunology. Advance online publication. https://doi.org/10.1093/oxfimm/iqag007