11/05/2026
À 80 ans, Colette mène une vie paisible, rythmée par ses visites familiales et une indépendance farouche, sans même l'ombre d'un traitement médical. Mais cette octogénaire de Saône-et-Loire est une femme brisée qui tente de reconstruire sa dignité. Tout a basculé le 8 mars dernier, alors qu'elle rentrait de chez sa fille à Toulouse. Arrêtée pour un simple excès de vitesse à Saint-Aubin-sur-Loire, elle se plie de bonne grâce au contrôle, jusqu'à ce que l'inimaginable se produise : son test salivaire affiche un résultat positif à la c0caïne.
Ce qui suit est une descente aux enfers que Colette décrit comme une « expérience déshumanisée ». Malgré son âge et l'absence totale d'antécédents judiciaires, elle est immédiatement traitée avec une suspicion glaciale. S’ensuivent une fouille complète et un interrogatoire d'une heure au poste de gendarmerie, où elle doit se justifier face à une machine qui la désigne comme une t0xicomane. « On m'a traitée comme une criminelle », s'indigne-t-elle aujourd'hui. Il aura fallu attendre les résultats définitifs pour confirmer ce qu'elle hurlait depuis le début : le test était défaillant. Une erreur technique aux conséquences psychologiques dévastatrices pour une femme qui n'avait jamais eu affaire à la justice en huit décennies.
Traumatisée par la brutalité de la procédure et le regard des autorités, elle a décidé d'entamer des démarches auprès du procureur de la République pour faire reconnaître officiellement l'injustice subie. Son cas relance le débat sur la fiabilité parfois contestée des tests salivaires utilisés lors des contrôles routiers et, surtout, sur le manque de discernement et d'humanité dont peuvent faire preuve les forces de l'ordre face à des situations manifestement aberrantes. Colette ne demande pas d'argent, elle demande que l'on restaure son honneur de citoyenne exemplaire.