03/04/2026
Bref, avril c’est le mois de la sensibilisation à la césarienne.
Et moi… Moi je suis sage-femme au bloc.
Je connais les accouchements.
Les cris.
Les doutes.
Les « ça pousse ».
Les « on y est presque ».
Je connais ces moments où une femme comprend soudain qu’elle est plus forte que tout ce qu’elle imaginait.
Je connais les mains qui serrent.
Les respirations synchronisées.
Les cols qui s’ouvrent.
Et les bébés qui arrivent au monde comme une évidence.
Et moi…
Moi je rêvais de ça.
Mon accouchement physiologique.
Je l’avais imaginé dans le calme.
Dans la verticalité.
Dans la confiance.
Je savais comment respirer.
Je savais comment bouger.
Je savais comment mettre mon bébé au monde.
Enfin…
Je croyais.
Et puis le réel.
Les contractions qui s’emmêlent.
Le col qui reste fermé.
Le rythme du bébé qui hésite.
Les voix qui deviennent plus graves.
Et ces regards qu’on échange quand on sait que le plan va changer.
Puis ces mots.
« On va devoir faire une césarienne. »
J’ai dit oui.
Mais à l’intérieur… j’ai hurlé.
Pas contre eux.
Pas contre la médecine.
Contre l’écart immense entre la naissance que j’avais rêvée et celle que j’étais en train de vivre.
Couchée. Branchée. préparée.
Mon corps est devenu territoire d’intervention.
Et moi…
Je me suis sentie spectatrice dans la venue au monde de mon bébé.
Et puis une main a pris la mienne.
Ma sage-femme.
Elle m’a parlé doucement.
Elle m’a expliqué chaque geste.
Elle m’a ramenée ici.
À ce moment. À mon bébé.
On m’a dit : « Elle est là. »
Je l’ai entendue pleurer.
Mais c’était étrange. Comme si j’étais derrière une vitre.
Et puis on me l’a posée.
Contre moi. Peau à peau.
Et là…
Tout a traversé la brume.
Sa chaleur.
Son odeur.
Son petit corps contre le mien ♥️
Et plus t**d, j’ai compris.
Ce n’était pas l’accouchement dont j’avais rêvé.
Mais c’était sa naissance.
Et c’était aussi la mienne.
Pas debout.
Pas physiologique.
Pas comme dans les livres.
Mais en vérité.
Sans filtre.
Coupée.
Recousue.
Et déjà éperdument amoureuse de mon bébé.
Bref.
Je suis sage-femme.
Je voulais enfanter comme dans les livres.
J’ai mis au monde comme dans la vie.
Et la vie m’a appris quelque chose d’essentiel.
On ne « rate » jamais une naissance.
On la traverse.
Parfois debout.
Parfois à genoux.
Parfois couchée.
Mais toujours avec le cœur.
Parce que la naissance, ce n’est pas seulement comment on met au monde.
C’est comment on se transforme.
Comment on se fissure un peu.
Et comment l’amour vient doucement recoudre tout ça.
Bref.
Je suis sage-femme.
Et mon rôle, c’est de vous préparer à la naissance de votre enfant.
À la vivre.
Quelle qu’elle soit.
Parce que parfois ce n’est pas la naissance qu’on avait imaginée.
Mais ça reste votre naissance.
Et elle mérite d’être racontée.
Alors si vous aussi, votre bébé est arrivé par une porte que vous n’aviez pas prévue, n’hésitez pas à partager votre expérience ♥️
🫶🪆
✍️MaMatriochka