13/12/2025
🐔 AGRICULTURE 🐔
Je ne prends jamais la parole ici concernant notre métier d’aviculteurs, éleveurs de poules pondeuses.
Ce métier qui nous fait vivre, qui nous permet de nourrir nos enfants, d’avoir un toit au-dessus de nos têtes.
Mais ce qui se passe actuellement en France est trop lourd pour rester silencieux.
Du jour au lendemain, nous pouvons tout perdre.
Nos animaux.
Notre travail.
Notre revenu.
Et parfois bien plus que ça.
Aujourd’hui, des troupeaux entiers de vaches sont abattus à cause d’une maladie qui, dans bien des cas, ne tue pas les animaux et n’est pas transmissible à l’homme.
Même des animaux indemnes sont euthanasiés.
Par précaution. Par protocoles.
Sans tenir compte du vivant, ni de ceux qui en prennent soin au quotidien.
Nous avons vécu cela, il y a quelques années.
Un troupeau de volailles abattu, de façon arbitraire.
Et on ne s’en remet jamais.
Cette peur ne disparaît pas. Elle reste là, tapie.
Depuis longtemps déjà, nous vivons sous une pression immense.
Celle des services sanitaires.
Celle de certaines associations de défense animale.
Et qu’on se comprenne bien : vouloir défendre les animaux est honorable.
C’est aussi notre combat.
Mais défendre, c’est aussi connaître.
Comprendre les réalités du terrain.
Vivre les contraintes.
Mesurer les conséquences humaines, économiques et psychologiques des décisions prises.
Donner des ordres, appliquer des protocoles, décider d’abattages massifs
sans vivre la situation de l’intérieur,
sans connaître les animaux, les fermes, les familles derrière,
c’est exercer une violence silencieuse.
Nous, nous connaissons nos animaux.
Leur caractère. Leur histoire. Leur santé réelle.
Et aujourd’hui, une angoisse revient, brutale :
👉 Et si demain, c’était les nôtres, encoreune fois ?
Est-ce que ce serait Jade, ma première ânesse, mon âne préférée, celle qui m’a tout appris, celle avec qui je partage ma vie depuis 22 ans ?
Luciole, notre mouton d’Ouessant, doux et paisible, que j’ai biberonné jour et nuit, toutes les trois heures, pendant trois mois ?
Nos chèvres, nos cochons, Georges, Peppa ?
Mais perdre un troupeau, ce n’est pas seulement perdre des animaux.
C’est souvent perdre son revenu.
Perdre l’équilibre familial.
Perdre le sens.
Et parfois, voir des agriculteurs renoncer, s’effondrer, disparaître.
Ce que cela montre aujourd’hui est profondément inquiétant :
le bien-être animal et le bien-être des agriculteurs semblent avoir bien peu de poids.
C’est une immense tristesse.
Et une peur réelle pour l’avenir de nos campagnes.
Parce qu’à force de broyer celles et ceux qui nourrissent le pays,
les fermes ferment,
les campagnes meurent,
et un jour, peut-être, il n’y aura plus d’agriculteurs en France.
Je crois qu’il est important que les consommateurs sachent.
Que chacun comprenne ce qui se passe réellement, ici, en France, dans notre pays,
dans nos campagnes,
derrière ce qu’il consomme.
🩷 Ce message n’est pas politique.🩷
🩷 Il est humain. 🩷
🩷 Il parle de vivant, de familles, de respect
et d’un profond sentiment d’injustice.🩷
🩷 Il ne témoigne pas d’un film ou d’une vidéo,
mais de la vraie vie de celles et ceux qui vous nourrissent.🩷
🩷 Il est écrit par une agricultrice, femme d'agriculteur et mère de famille 🩷