17/01/2026
On ose en parler ! La parole se libére....
Autour de l’inceste se sont tissées des idées fausses et des croyances qui brouillent la compréhension de ce phénomène et empêchent la protection des victimes. Pour mieux éclairer la réalité, Face à l’inceste déconstruit chaque mois un mythe.
Ce mois-ci, nous revenons sur une réalité trop souvent invisibilisée : l’inceste commis par des mineurs.
Selon le sondage IPSOS 2023 pour Face à l’inceste :
- 18% des victimes déclarent avoir subi de l’inceste de la part d’un cousin,
- 15 % d’un frère,
- 5 % d’une sœur
- 3 % d’une cousine.
Au total, 41% des situations d’inceste sont commises entre mineurs.
Ces chiffres rappellent avec force que l’inceste ne concerne pas uniquement des auteurs adultes.
En effet, contrairement aux idées reçues, l’inceste entre enfants ne relève pas d'un simple jeu, il s’inscrit presque toujours dans un cadre familial marqué par un climat incestuel. Dans ces familles, les frontières sont brouillées et les adultes n’assument pas leur rôle de protection. Le mineur auteur évolue lui aussi dans un système familial qui a permis, toléré ou ignoré ces actes. En réalité, l’inceste entre mineurs est le symptôme d’un dysfonctionnement global, jamais un phénomène isolé.
Les travaux de recherche confirment cette réalité. Une étude récente (S. Lemaitre, 2025) montre que 72 % des mineurs à l’origine de gestes incestueux ont eux mêmes été victimes de violences sexuelles et que 80 % ont subi des violences physiques ou émotionnelles.
Il est essentiel de rappeler que les mineurs restent des mineurs. Le droit reconnaît qu’ils ne peuvent être tenus responsables de leurs actes au même titre que des adultes, notamment en raison de la présomption de non discernement avant 13 ans.
Pour autant, les mineurs qui subissent ces actes restent pleinement des victimes et leur traumatisme n’en est en rien minimisé.
Il est également normal que les enfants s’interrogent sur la sexualité. Il appartient alors aux adultes de poser des limites. Des ressources notamment celles de la FFCRIAVS, permettent de d'identifier les situations problématiques.
Enfin, un principe fondamental doit être réaffirmé. Un mineur ne peut pas consentir à un inceste, y compris lorsqu’il implique un autre mineur. Reconnaître l’inceste entre mineurs, c’est refuser toute minimisation sous couvert de jeu et rappeler la responsabilité centrale des adultes.
Nous vous encourageons à voir ou revoir le film "Cassandre" de Hélène Merlin qui aborde avec justesse l’inceste dans la fratrie et met en lumière le rôle déterminant du climat incestuel instauré par les parents.