12/01/2026
Merveilleux Lundi d'Amour et de Lumière 💫🙏⭐✨🕯️
Le Conte des Deux Pommes ou L'Invisible Blessure des Mots
Dans un verger oublié, au bout d'un chemin de terre, vivait une vieille femme nommée Céleste.
On disait qu'elle parlait aux fruits.
Qu'elle murmurait aux rivières.
Qu'elle connaissait le langage invisible des choses vivantes.
Un jour, une jeune fille nommée Nara vint la voir, le cœur lourd.
--- Je ne comprends pas... dit-elle. De l'extérieur, je parais bien. Mais à l'intérieur... tout est cassé.
Céleste sourit doucement et invita Nara à entrer dans sa humble demeure.
Sur une étagère de bois ancien reposaient trois bocaux de verre.
Chacun contenait du riz cuit et de l'eau.
--- Il y a bien longtemps, commença Céleste, un sage japonais nommé Emoto découvrit quelque chose d'extraordinaire.
Il comprit que l'eau... cette substance qui compose plus de 70% de notre corps... porte la mémoire des mots.
Elle désigna le premier bocal, étiqueté « Merci ».
--- Chaque jour, je lui dis : merci, tu es belle, je t'apprécie.
Le riz à l'intérieur était intact, presque fermenté dans un parfum doux.
Puis elle montra le deuxième, étiqueté « Tu es stupide ».
--- À celui-ci, je dis : tu es laid, tu ne vaux rien, tu es inutile.
Le riz était noir, moisi, décomposé.
--- Et le troisième ? demanda Nara.
--- Celui-là... je l'ignore complètement.
Le bocal était dans un état pire encore que le deuxième. Gris. Putride. Oublié.
--- L'indifférence, murmura Céleste, est parfois plus dévastatrice que la cruauté.
Elle se leva et prit une carafe d'eau cristalline.
--- Emoto photographiait aussi les cristaux d'eau gelée après leur avoir parlé.
L'eau exposée à des mots d'amour formait des cristaux magnifiques, symétriques, lumineux comme des étoiles de neige.
Mais l'eau insultée, méprisée... ne cristallisait qu'en formes brisées, chaotiques, sans beauté.
Nara sentit un frisson traverser son corps.
--- Mais... nous sommes faits d'eau...
--- Exactement, répondit Céleste. Ton corps. Tes cellules. Ton sang. Tout porte la mémoire des mots que tu reçois... et que tu te donnes.
Elle sortit alors dans le verger et cueillit deux pommes jumelles sur le même arbre.
Deux pommes parfaites.
Rouge brillant.
Peau lisse.
Identiques en tout point.
--- Viens, dit la vieille femme. Je vais te montrer ce qu'Emoto a aussi découvert avec les pommes.
Elle plaça les deux pommes côte à côte sur une table de bois.
À la première, chaque matin, elle disait :
--- Tu es belle.
--- Tu es précieuse.
--- Tu as de la valeur.
Elle la manipulait avec douceur, la caressait du bout des doigts, lui parlait comme à une enfant aimée.
Mais à la seconde...
Céleste fronçait les sourcils.
--- Tu ne vaux rien.
--- Tu es inutile.
--- Personne ne t'aime vraiment.
Elle la serrait un peu trop fort, la laissait tomber légèrement, la repoussait avec impatience.
Les jours passèrent.
Nara revenait chaque soir.
Et chaque soir, elle regardait les pommes.
De l'extérieur ?
Rien.
Elles semblaient toutes deux intactes.
Leur peau gardait le même éclat.
Leur forme restait ronde.
Aucune marque visible.
Aucune cicatrice apparente.
--- Tu vois ? dit Céleste au septième jour. Les mots ne laissent pas de trace... du moins, pas où les autres regardent.
Elle prit un couteau et trancha les deux pommes.
Nara écarquilla les yeux.
La première pomme était d'un blanc éclatant, ferme, saine, vivante.
Mais la seconde...
À l'intérieur, elle était brune.
Meurtrie.
Flétrie.
Comme si une maladie invisible l'avait rongée de l'intérieur.
--- Comme le riz. Comme l'eau. Comme tout ce qui est vivant, murmura Céleste.
Les mots traversent la surface.
Ils s'infiltrent dans l'eau de nos cellules.
Ils cristallisent en beauté... ou en brisure.
Nara sentit ses yeux s'embuer.
--- Et si... et si c'est à moi-même que je parle ainsi ?
Céleste posa sa main sur celle de la jeune fille.
--- Alors, tu deviens la deuxième pomme.
Tu te meurtris de l'intérieur, jour après jour, avec tes propres jugements.
L'eau de ton corps porte cette vibration.
Personne ne voit.
Personne ne devine.
Mais toi... tu pourris lentement sous une peau qui semble encore tenir.
Nara resta silencieuse longtemps.
Puis elle demanda, la voix tremblante :
--- Peut-on... guérir une pomme abîmée ? Réparer l'eau blessée ?
Céleste sourit, les yeux brillants de sagesse.
--- On ne peut pas effacer ce qui a été fait.
Mais Emoto a montré quelque chose de miraculeux :
L'eau polluée, exposée à des prières et des mots d'amour... se purifie.
Ses cristaux se reforment.
Tu peux, aujourd'hui, choisir de parler autrement.
À toi.
Aux autres.
Tu peux changer la vibration de l'eau qui te compose.
Et lentement... très lentement... l'intérieur se reconstruit.
Ce soir-là, Nara repartit avec une pomme dans une main et un petit flacon d'eau dans l'autre.
Sur le flacon, elle écrivit : « Je suis digne d'amour. »
Non pas comme un mensonge.
Mais comme une semence nouvelle plantée dans l'eau de son être.
Car elle avait compris ce que Céleste lui avait transmis :
Que les mots sont des vibrations qui sculptent l'invisible.
Qu'ils créent ou détruisent.
Qu'ils cristallisent en lumière ou en ombre.
Et qu'avant de parler à l'autre, il faut écouter ce qu'on murmure à l'eau de soi-même.
Car celui qui se blesse par ses propres mots finit par croire qu'il mérite la blessure.
« Ce que tu dis devient l'eau que tu es, choisis les mots qui feront cristalliser ta paix. »
Morale :
Les recherches d'Emoto nous rappellent une vérité ancienne : tout est vibration. Les mots que tu prononces — aux autres et surtout à toi-même — ne disparaissent pas dans l'air. Ils s'imprègnent dans l'eau de tes cellules, créent des cristaux de lumière ou de brisure, nourrissent ou détruisent ce qui ne se voit pas. Tu es composé d'eau vivante. Parle-lui avec respect. Parle-toi avec amour. Car chaque mot que tu choisis refaçonne l'architecture invisible de ton être.