Thérapeute Didier Jauberthie

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17/04/2026

Iya ou le Dévoreur intérieur : l’Ombre selon Jung à la lumière de la sagesse Lakota

Par Laurent Brun-Lafferrere

Il existe, dans toutes les traditions vivantes, des figures qui ne sont pas là pour distraire l’imagination, mais pour réveiller la conscience. Elles surgissent sous forme de monstres, d’esprits, de géants ou de dévoreurs, afin de nommer ce que l’être humain préfère souvent ignorer en lui-même. Dans la tradition Lakota, Iya est l’une de ces figures majeures.

Iya n’est pas simplement un personnage mythologique. Il est une vérité psychologique incarnée. Il représente la voracité sans limite, l’appétit qui ne connaît ni mesure ni gratitude, la pulsion qui prend sans jamais rendre. Il avale tout : les biens, les forces, les liens, parfois même l’âme de celui qui le nourrit. À ce titre, Iya rejoint de manière saisissante ce que Carl Gustav Jung appelait l’Ombre.

L’Ombre n’est pas le mal : elle est ce que nous refusons de voir

Dans la psychologie analytique de Carl Gustav Jung, l’Ombre désigne l’ensemble des aspects de nous-mêmes que nous rejetons, minimisons ou tenons à distance. Elle n’est pas uniquement composée de violence ou de noirceur. Elle contient aussi nos envies inavouées, notre jalousie, notre avidité, nos blessures transformées en ressentiment, notre besoin de domination, notre dépendance affective, notre orgueil déguisé en vertu.

Jung écrit : « Chacun porte une ombre, et moins elle est incarnée dans la vie consciente de l’individu, plus elle est noire et dense. » (Aion, 1951).

Autrement dit : ce que nous n’assumons pas en nous revient sous forme de destin.

C’est ici que Iya devient précieux. Car les anciens Lakota savaient que l’homme non travaillé devient dangereux pour lui-même et pour le cercle auquel il appartient.

Iya : quand le désir devient dévoration

Iya est le symbole de la consommation sans conscience. Il ne mange pas parce qu’il a faim. Il mange parce qu’il ne sait pas s’arrêter.

Cette distinction est capitale.

Car beaucoup d’êtres humains ne vivent pas à partir d’un besoin réel, mais d’un vide intérieur. Ils consomment des objets, des partenaires, des expériences, des substances, du pouvoir, de la reconnaissance, du bruit, des écrans, des émotions fortes. Ils avalent le monde pour tenter de combler une faille psychique que rien d’extérieur ne peut remplir.

Iya vit encore aujourd’hui.

Il est dans les excès modernes.
Il est dans la compulsion sexuelle.
Il est dans l’avidité financière.
Il est dans la jalousie possessive.
Il est dans le narcissisme spirituel.
Il est dans la parole qui prend toute la place.
Il est dans le besoin de recevoir sans jamais remercier.

Le mythe Lakota ne parle donc pas d’un monstre ancien. Il parle d’une structure éternelle de la psyché humaine.

Le Dévoreur collectif de notre époque

Notre civilisation a industrialisé Iya.

Elle glorifie l’accumulation.
Elle confond désir et identité.
Elle transforme l’insatisfaction en moteur économique.
Elle vend la comparaison comme mode de vie.
Elle pousse chacun à prendre plus qu’il ne peut porter.

L’homme moderne ne rencontre plus le monstre dans la forêt ; il le nourrit depuis son téléphone, son ego, ses addictions, ses frustrations.

En ce sens, la sagesse Lakota garde une puissance prophétique. Elle rappelle qu’un peuple qui ne reconnaît pas son Ombre collective finit par être mangé par elle.

L’enseignement Lakota : restaurer l’équilibre

Chez les Lakota, la vie ne repose pas sur la possession, mais sur la relation. Le cercle prime sur l’accumulation. La gratitude prime sur la prédation. Le lien avec la Terre, les ancêtres, les animaux, les directions sacrées, la parole donnée : tout cela limite naturellement la montée d’Iya.

Quand l’homme sait remercier, il dévore moins.
Quand l’homme prie, il exige moins.
Quand l’homme sert, il prend moins.
Quand l’homme se connaît, il détruit moins.

Voilà pourquoi la confrontation à l’Ombre n’est pas un luxe psychologique. C’est une nécessité spirituelle.

Ce que Jung et les Lakota se rejoignent à dire

Sous des langages différents, Jung et la tradition Lakota posent la même exigence : l’être humain doit rencontrer ce qui en lui veut posséder, contrôler, avaler, dominer.

Non pour se condamner.

Mais pour civiliser cette force brute.

L’énergie contenue dans l’Ombre, lorsqu’elle est reconnue, peut devenir puissance créatrice, courage, capacité de poser des limites, intensité vitale, lucidité. Ce qui dévorait peut alors protéger. Ce qui détruisait peut bâtir.

Le monstre intégré devient gardien.

Une parole personnelle

Dans ma pratique clinique comme dans l’observation des existences humaines, j’ai souvent constaté ceci : ce qui ruine une vie n’est pas toujours le manque d’amour, mais le manque de vérité sur soi.

Celui qui ne voit pas son Iya intérieur l’appelle souvent destin, malchance, injustice ou faute des autres.

Celui qui le reconnaît commence à grandir.

Le travail intérieur demande du courage, car il oblige à admettre que nous portons parfois ce que nous dénonçons chez autrui. Mais c’est le prix de la liberté psychique.

Conclusion : nommer le monstre pour ne plus le servir

Iya demeure une figure immense, non parce qu’il fait peur, mais parce qu’il révèle.

Il révèle ce qui, en chacun de nous, peut perdre la mesure.
Il révèle que la faim psychique n’est jamais calmée par l’accumulation.
Il révèle que l’Ombre niée devient prédatrice.
Il révèle enfin que la conscience est la seule vraie médecine.

Les Lakota ont transmis cette sagesse sous forme de mythe. Jung l’a traduite en langage psychologique. À nous désormais d’en faire une pratique vivante.

Nommer le dévoreur intérieur, c’est déjà commencer à ne plus lui appartenir.


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Cher David Ciussi , ton enseignement est une source claire et intarissable où je viens puiser force, confiance et émerve...
03/02/2026

Cher David Ciussi , ton enseignement est une source claire et intarissable où je viens puiser force, confiance et émerveillement.
Te retrouver ce matin à la lecture de cette phrase : « On a tous une larme qu’on n’a pas encore pleurée, » allume et nourri une fois de plus ma flamme intérieure .

Cette larme invisible n’est pas forcément de tristesse.
Elle est mémoire de l’âme, réserve silencieuse de ce que je n’ai pas encore osé ressentir pleinement. Elle contient les deuils ajournés, les pardons différés, les vérités repoussées par peur de se briser.
Cette larme est comme un seuil.
Tant qu’elle demeure en moi, quelque chose reste inachevé : une mue qui attend son heure, une nuit qui précède l’aube. Elle n’est pas faiblesse, mais promesse. Car ce qui n’a pas encore été pleuré n’a pas encore été transfiguré.

Je passe ma vie à retenir cette larme, par orgueil, par protection, par habitude de tenir debout. Pourtant, l’âme ne guérit pas en serrant les dents, mais en laissant l’eau couler. Dans de nombreuses traditions spirituelles, les larmes sont sacrées : elles lavent le regard, rendent le cœur plus perméable au réel, rapprochent de l’essentiel.

Pleurer cette larme, le moment venu, ce ne sera pas m’effondrer.
Ce sera consentir. Consentir à ce qui a été, à ce qui n’a pas été, à ce qui ne sera jamais. Ce sera déposer les armes face à la vie et dire : je n’ai plus besoin de faire semblant d’être invulnérable.

Et alors, paradoxalement, cette larme libérée deviendra lumière.
Elle ouvrira un espace neuf, où la compassion pour soi s’étend aux autres. Car celui qui a pleuré sa larme cachée reconnaît celle qui tremble dans les yeux du monde.

Amis, nous avons tous comme le dit mon ami David, cette larme en réserve. Elle ne demande ni urgence ni violence. Seulement d’être accueillie, un jour, quand l’âme sera assez sûre pour s’ouvrir.
Et quand elle coulera, elle ne dira pas « je suis brisée », mais :
« Je suis vivante, entière, et enfin vraie. »
Marthine Enpaix

16/10/2025
17/09/2025
16/09/2025
12/09/2025

Celui qui m’idéalise, condamne implicitement notre relation à l’inévitable mouvement qui le poussera à me diaboliser.

Si tu me mets sur un piédestal, tu génères implicitement le mouvement qui fera qu’un jour tu auras besoin de m’en faire tomber, pour justement te réparer à l’endroit souffrant depuis lequel tu avais tant besoin de … donner ton pouvoir à l’autre.

Si tu prends le moindre de mes mots comme vérité absolue ou supérieure à la tienne, tu sèmes implicitement ce que tu finiras par considérer comme un mensonge, nécessaire à la récupération de ta vérité.

Un proverbe africain nous dit : « L’enfant qui n’a pas senti la chaleur de son village, reviendra pour le brûler » pour enfin en sentir cette chaleur.

Il réside, parfois, dans l’idéalisation ou l’idolâtrie de l’autre à son insu, une forme d’abus, dont notre enfance est le terreau.

🙏Stephan Schillinger
🍄Extrait des livres « Par un Curieux Hasard » disponibles sur curieuxhasard.com

02/09/2025
11/08/2025
09/08/2025

Il est inutile de parler
de "fidélité à soi-même"
tant que tu n'es pas sûr
de la voix à laquelle tu es fidèle.

C'est un travail sans relâche que de
différencier les voix de l'inconscient.

MARION WOODMAN

13/07/2025

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