15/04/2026
Ma cliente a pris un lexomil pendant ma séance !
Alors là, celle-là, je ne l’avais pas vu venir ! Au tout début de mon installation, j’ai accompagné une dame âgée pour une problématique d’anxiété. On en était à sa 2ème séance, tout se passait bien.
J'étais en train de lui expliquer comment, en allongeant son expiration, elle allait stimuler son système nerveux parasympathique et s’apaiser.
Elle inspire, expire, inspire, expire…. et soudain elle s’interrompt net, me regarde, plonge dans son sac à main, sort une petite boîte, gobe un cachet comme si sa vie en dépendait et ferme les yeux de soulagement.
Sur le moment, je l’avoue, ça m’a fichu un coup. Si je devais illustrer le concept d'un grand moment de solitude, c’est cet exemple que je choisirais.
Mais avec le recul, j’ai compris une leçon fondamentale. On ne peut pas demander à un système nerveux qui ne se sent pas en sécurité de respirer calmement et profondément.
Pour notre cerveau archaïque, un danger supposé est aussi réel qu’un tigre prêt à bondir. Et entre nous, si un tigre arrivait sur vous là maintenant, vous feriez quoi ?
Vous fermeriez les yeux en respirant profondément, en vous répétant qu'il ne va pas vous voir et que tout va bien se passer ou vous partiriez en courant vous planquer dans un endroit sûr ?
Au final, ce que j’ai appris ce jour-là c’est que le système nerveux est souverain. Quand on est hors de sa fenêtre de tolérance, la physiologie de survie prend les commandes.
La respiration lente peut même parfois être perçue comme une menace car ça revient à baisser la garde et donc à se mettre en danger.
Pour ma cliente, ce cachet était sa seule issue de secours immédiate. Un réflexe de survie pas un échec de ma méthode.
Pour elle, ce médicament n'était pas seulement une substance chimique, c'était un ancrage de sécurité. En plongeant dans son sac pour le récupérer, elle avait repris le contrôle et transformé une vulnérabilité subie en une action protectrice.
Parfois, avant de vouloir calmer, il faut d'abord sécuriser, bouger ou simplement valider que oui, le tigre est là.
Aujourd'hui, je remercie cette cliente. Elle m'a appris que la théorie est une boussole mais que c'est le système nerveux de l'autre qui dicte le chemin.