25/03/2026
Une partie de la pratique de l’ostéopathie animale mobilise un savoir-faire manuel dont de nombreuses caractéristiques sont pré-verbales : une résistance tissulaire, une asymétrie de mobilité, une perte de déformabilité…
Depuis plusieurs mois, une part de mon travail au sein du Collectif des Ostéopathes Animaliers consiste à co-construire un glossaire et à classer des termes afin de clarifier leur statut.
Nous faisons souvent coexister, dans notre vocabulaire professionnel, des termes relevant de registres différents : certains décrivent une perception liée à l’expérience du praticien ; d’autres renvoient à des réalités observables et reproductibles, indépendamment de celui qui les examine.
Confondre ces registres ne constitue pas une simple imprécision lexicale mais une confusion épistémologique.
Je me trouve confrontée à ce travail de clarification également dans mon activité de formatrice et de superviseur clinique.
Pour qu’un raisonnement puisse être partagé, discuté, transmis, encore faut-il que les termes utilisés possèdent un statut clair et commun.
Que le mot employé signifie la même chose pour l’étudiant et pour le formateur.
Que la terminologie ne soit pas un terrain instable, mais un support commun.
Un glossaire élaboré avec soin contribue à cette stabilité.
L’étudiant qui sait qu’il décrit une perception ne formule pas le même type d’énoncé que celui qui pense nommer une réalité anatomique. Cette distinction influence la qualité du raisonnement clinique autant que la qualité du geste.
Choisir ses termes avec soin n’est pas une simple affectation intellectuelle : c’est une exigence pédagogique et professionnelle.