19/05/2026
Vous me voyez au printemps sur une tige.
Une mousse blanche.
Une petite écume.
Quelque chose d’un peu sale, d’un peu étrange, qu’on a envie d’enlever du doigt ou du jet d’eau.
Et vous dites :
“du crachat de coucou.”
Mais je ne suis pas une saleté tombée du ciel.
Je suis une larve de cercope.
Et cette mousse, c’est ma chambre.
Je la fabrique pour garder l’humidité autour de mon petit corps, pour me protéger du soleil, du dessèchement, et d’une partie de ce qui pourrait vouloir me manger.
Vous voyez une mousse sans importance.
Moi, j’y passe mon enfance.
Je grandis sur cette tige, caché dans une bulle vivante que beaucoup détruisent avant même de savoir qu’elle abrite quelqu’un.
Alors avant d’écraser ou de nettoyer cette petite écume, regardez mieux.
Ce n’est pas une maladie.
Ce n’est pas une tache.
C’est une enfance cachée dans de la mousse.
Je ne suis pas le “crachat de coucou”.
Je suis une chambre d’enfance pleine d’air.