13/12/2025
En ce jour de renaissance ………..
Manifeste pour une éducation à la bienveillance, au respect et aux droits de l'Enfant
" Aussi longtemps que la loi du silence et de la dissimulation, restera la doctrine officielle dans le domaine de l'Enfance, le monde demeurera barbare"
" Les nouvelles générations doivent avoir le droit de croître dans la liberté. Le don de la liberté, c’est le don de l’amour et seul, l’amour peut sauver le monde » Cette phrase du pédagogue A.S.Neill, dans son livre « Libres enfants de Sumerhill » (1970) a été le point de départ de ma vie professionnelle (1973) et celui d’un engagement profond en faveur d’une éducation à la bienveillance et au respect de l’être humain, notamment l’Enfant.
J’ai aujourd’hui 72 ans , ancien éducateur spécialisé auprès d’adolescents en grandes difficultés sociale et psychologique pendant plus de dix ans , ancien cadre socio – éducatif et responsable de plusieurs unités d’accueil et d’hébergement de l’aide sociale à l’Enfance , titulaire du D.E.E.S , d’une maîtrise en sciences sociales et humaines , d’un diplôme supérieur en travail social , d’un diplôme d’ingénieur en sciences sociales et humaines , j’ai également une solide formation aux pratiques de la psychothérapie de plusieurs années ……et , j’accompagne depuis plus de dix ans maintenant , des personnes en demande d’aide relationnelle et psychologique .
J’ai toujours durant ces années, mis l’humain au cœur de ce beau métier, en prônant que « seule une authentique transformation de l’individu apporte un changement significatif à l’humanité » Cette citation de C.Jung, je l’ai faite mienne afin d’amener un accompagnement de grande qualité et de profond respect vis-à-vis de l’autre.
Ces valeurs humanistes, je les porte en moi, je les ai développées et fait grandir en mon fort intérieur, notamment depuis un événement clé de mon enfance qui a provoqué un énorme sentiment d’injustice chez le petit garçon que j’étais.
Ce petit garçon avait huit ans, il venait d’arriver à Bordeaux, alors qu’il habitait précédemment le département du Pas de Calais, suite à la mutation de son papa au niveau professionnel. Il est, alors, inscrit dans un établissement religieux de la ville, l’institut Saint Seurin. Lors de sa première matinée de classe, ce petit garçon découvre un univers nouveau avec toutes les inquiétudes et l’insécurité du moment : un univers austère. L’institutrice qui l’accueille à son arrivée, quitte la classe dans la matinée, pour laisser place à un prêtre …. Celui-ci voit ce petit garçon et l’interpelle. Le prêtre est assis, derrière un bureau, sur une estrade et d’une voix qui ne laisse pas la place à la réplique, demande au petit Guy de réciter la leçon qu’il a donnée lors de son dernier cours. Bien logiquement, ce petit garçon est dans l’incapacité de dire quoique ce soit, l’anéantissement et la sidération s’emparent de lui et , c’est alors , qu’au pied de l’estrade , le prêtre lui ordonne de se mettre à genoux sur une règle en fer , durant le temps de son intervention ……..Le petit Guy se relèvera avec les genoux en sang .
Ce traumatisme a, bien sûr eu des conséquences sur mon fonctionnement psychologique, jusqu’à ce que je puisse en prendre totalement conscience et en faire une force de vie.
Particulièrement sensibilisé aux révélations de certains élèves de Bétharram , et depuis à d’autres faits de violences qu’elles soient physiques , sexuelles ou psychologiques dans d’autres établissements religieux (récemment des scènes filmées à Stanilas montrant l’humiliation de certains élèves par des adultes de cet établissement religieux ) ; j’ai entendu l’interview d’une de ces personnes , qui racontait avoir subi ce supplice de la règle en fer …..Comment ne pas penser, pour avoir vécu ce type d’actes violents , que ceux-ci sont érigés en système punitifs et éducatifs pour faire de l’enfant, un être docile, obéissant et servile ,en lui ayant lobotomiser sa force de vie et sa créativité , pour mieux perpétuer ainsi un cycle de violences sociétales . Un certain nombre de chercheurs en psychologie et sociologie, notamment Alice Miller (« c’est pour ton bien ») nous ont alertés depuis des décennies sur les dangers d’une éducation à la violence (la pédagogie noire) menant à la propagation de la haine et à la destruction de notre humanité.
Je ne peux qu’à travers ma propre histoire, m’indigner par les propos de Monsieur Bayrou, alors premier ministre, ignorant ainsi le vécu et la souffrance de milliers d’enfants marqués par la violence des adultes à leur encontre et se rendant ainsi complice d’un système en place depuis trop longtemps qui vise à étouffer la vie.
A travers , ce mouvement qui se lève , je ne peux être que dans l’espérance, d’une réelle prise de conscience , à savoir que l’enfant est un être à part entière et croire que chacun d’entre nous puisse prendre sa part de responsabilité afin de faire briller cette petite étincelle d’humanité que nous portons tous en nous et , ainsi nous reconnecter à notre pouvoir d’amour .
Encore à l’heure actuelle , peu d’adultes , parents , éducateurs , enseignants ont conscience de leur impact affectif sur les enfants ,, ; d’où l’importance d’offrir dans toute relation éducative son humanité , sa compréhension , son acceptation de l’autre comme personne humaine avec cette ouverture relationnelle de cœur à cœur rendue possible par une guérison de ses blessures d’enfants , c’est , sans aucun doute , avant toute chose notamment la quête du pouvoir , notre principale mission de vie .
Guy Duponchel - Ancien cadre socio-éducatif – Psycho praticien – Ingénieur en sciences sociales et humaines.
www.lademeureensoi.com
Alice Miller « C’est pour ton bien » éditions Aubier
A.S. Neill « Libres enfants de Sumerhill » éditions Maspéro
« Le ruban blanc » Film de Mickaël Haneke.
Jean-Paul Fluteau « Guérir le futur des blessures du passé – La thérapie Enfant Gigogne »Editions Guy Trédaniel
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