20/05/2026
Vous ne m’entendrez jamais dire que mes chiens m’ont sauvé la vie, car ce n’est pas leur rôle…
Mais je peux dire qu’ils ont profondément changé mon regard sur le vivant.
Pourtant, cette sensibilité, je l’ai toujours eue. Depuis l’enfance, je ressens les êtres vivants avec une intensité particulière. J’ai toujours eu cette envie de comprendre, d’observer, de ressentir ce que l’autre ne dit pas forcément avec des mots.
Avec mes chiens, cette sensibilité a pris une autre dimension.
J’ai passé des heures à regarder derrière leurs yeux. À essayer de déchiffrer chacun de leurs mouvements, chacune de leurs réactions, chaque silence, chaque regard. Je voulais comprendre ce qu’il se passait dans leur tête.
Je me surprenais souvent à leur dire à voix haute :
« Mais à quoi tu peux bien penser ? »
« Qu’est-ce que tu ressens ? »
« Qu’est-ce qu’on ressent ensemble, là, maintenant ? »
Alors j’ai cherché. J’ai lu. J’ai observé. J’ai appris. Mais surtout, je me suis construite à travers ma propre expérience, auprès d’eux, dans le quotidien, dans le lien, dans ce que personne ne peut vraiment expliquer tant qu’il ne l’a pas vécu.
Aujourd’hui, ce que je peux dire, c’est qu’ils m’ont fait grandir.
Grâce à eux, ma confiance a doublé. Je n’ai plus peur d’aller devant, de prendre ma place, d’assumer cette façon que j’ai de regarder le monde.
On m’a souvent dit que j’étais étrange.
Mais étrange de quoi ?
D’essayer de comprendre l’autre ?
De tendre la main trop souvent ?
De vouloir créer du lien là où d’autres passent sans regarder ?
Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas une faiblesse. C’était peut-être justement ça, être humain.
Tendre la main…
Et parfois, créer avec un autre être vivant un lien si fort qu’il devient presque indivisible.