28/12/2025
Parole, verbiage ….. et silence
Il arrive un moment où l’on n’explique plus, où l’on ne justifie plus, où l’on ne se défend plus. Non pas parce qu’on n’a rien à dire, mais parce qu’on a enfin compris. Quand le silence devient ta réponse, ce n’est pas un manque de mots, c’est un excès de lucidité. C’est le signe que tu as cessé de gaspiller ton énergie à vouloir être compris par ceux qui ne veulent pas écouter.
Au début, on parle. On essaie de clarifier, de réparer, de faire entendre son ressenti. On répète les mêmes choses sous différentes formes, on choisit les bons mots, on espère une prise de conscience. On croit que si l’on s’exprime assez bien, assez calmement, assez honnêtement, l’autre finira par comprendre. Mais avec le temps, on réalise que certaines personnes n’entendent que ce qui les arrange.
Alors le silence s’installe. Pas par mépris, pas par vengeance, mais par protection. Parce que continuer à parler devient inutile, épuisant, parfois même humiliant. On comprend que se taire peut être plus puissant que mille explications. Le silence devient une frontière. Une manière de dire “je sais”, “j’ai vu”, “je n’accepte plus”.
Quand le silence devient ta réponse, c’est que tu as compris les intentions derrière les actes. Que les excuses répétées sans changement ne sont que des mots vides. Que certaines absences sont volontaires. Que certains comportements sont des choix, pas des maladresses. Tu n’as plus besoin de confronter, parce que la vérité s’est déjà révélée d’elle-même.
Ce silence n’est pas une fuite. C’est une décision. Celle de ne plus participer à des conversations stériles, à des relations déséquilibrées, à des jeux émotionnels où tu es toujours celui qui explique, qui attend, qui pardonne. Se taire, dans ces moments-là, c’est se respecter. C’est retirer son énergie là où elle n’est pas honorée.
Le silence arrive souvent après la fatigue. Après avoir trop donné, trop toléré, trop espéré. Il arrive quand tu comprends que ta paix vaut plus que d’avoir raison. Que répondre ne changera rien, sinon prolonger un cycle qui te blesse. Alors tu choisis le calme plutôt que le chaos, la distance plutôt que la confrontation.
Ce silence dérange parfois plus que les mots. Parce qu’il ne laisse plus de prise. Il ne nourrit plus les conflits. Il ne valide plus les comportements toxiques. Il marque une fin claire, même sans déclaration officielle. Et ceux qui étaient habitués à ton explication constante ressentent ce retrait comme une perte de contrôle.
Quand le silence devient ta réponse, c’est aussi que tu as grandi. Tu as appris que tout ne mérite pas une réaction. Que tout ne mérite pas une place dans ton esprit. Que certaines personnes ne changeront pas, peu importe ce que tu diras. Et accepter cela, c’est un signe de maturité émotionnelle.
Se taire, ce n’est pas renoncer à sa voix. C’est choisir quand et pour qui l’utiliser. C’est comprendre que ta parole est précieuse, et qu’elle ne doit pas être offerte à ceux qui la déforment, l’ignorent ou la minimisent.
Quand le silence devient ta réponse, tu n’es plus dans l’attente. Tu n’attends plus des excuses, des explications, des preuves. Tu as tout compris. Et cette compréhension-là te libère. Elle te permet d’avancer sans bruit, sans drame, sans justification.
Car parfois, le plus grand signe de compréhension… c’est de ne plus rien dire.