10/05/2026
Tout savoir sur le Hantavirus,
Les hantavirus sont des virus à ARN qui appartiennent à la famille des Hantaviridae. De très nombreuses souches ont été identifiées dans le monde mais seule une minorité provoque des maladies chez l’homme. On distingue notamment les souches qui circulent en Asie et en Europe de celles qui se propagent sur le continent américain.
Ceux présents en Eurasie provoquent une fièvre hémorragique avec insuffisance rénale. Plus de 100.000 personnes seraient touchées tous les ans, avec un taux de létalité inférieur à 15%. Outre-Atlantique, la maladie est beaucoup plus rare, avec quelques centaines de cas chaque année. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les États-Unis ont rapporté moins de 1000 cas, tandis que des pays comme l’Argentine, le Brésil, le Chili et le Paraguay en dénombrent quelques dizaines. Mais le taux de létalité y est plus élevé, compris entre 20% et 40%.
La souche ayant infecté les passagers du bateau est celle «des Andes». «Il s’agit de la seule souche, parmi les trente-huit connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre», a ainsi expliqué le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi.
Les divers symptômes (fièvre, fatigue, douleurs, malaise, accélération du rythme cardiaque…) se déclenchent une semaine à deux mois après l’exposition. Le diagnostic peut s’avérer complexe – les premiers signes ressemblant à ceux de la grippe, la pneumonie, la dengue ou encore de la septicémie. Lors d’une contamination au virus des Andes, l’évolution peut être rapide, avec un essoufflement marqué puis une accumulation de liquide dans les poumons, provoquant une défaillance respiratoire et circulatoire grave. Une urgence vitale qui va nécessiter une prise en charge immédiate.
En Amérique latine, où les infections sont en augmentation, l’OMS a appelé au renforcement de la surveillance épidémiologique de cette maladie, létale dans plus de 25% des cas. En 2025, huit pays de la région ont signalé des cas de syndrome pulmonaire pour un total de 229 cas et 59 décès. Des transmissions entre humains associées au virus des Andes y ont d’ailleurs été identifiées.
Dans l’Hexagone, les hôtes sont principalement les campagnols vivant dans les forêts ou les granges. Le virus qu’ils transmettent provoque des fièvres hémorragiques à syndrome rénal, sans se propager d’humains à humains, comme dans le cas du virus des Andes. Santé publique France rapporte que trois souches ont déjà été détectées en métropole : le virus Puumala, identifié pour la première fois dans les années 1980, qui peut être à l’origine d’épidémies localisées dans le quart Nord-Est, le virus de Séoul, qui sévit de manière sporadique et le virus Tula, présent dans le massif du Jura, le Bas-Rhin et l’Aveyron. Il n’existe pas de traitement spécifique ni de prophylaxie vaccinale : seuls les symptômes peuvent être soignés.