26/03/2026
Lacan antigenre
Dans ce texte, nous allons présenter et commenter dans leur contexte les références de Jacques Lacan qui nous permettront de saisir de manière très claire sa ferme opposition au genrisme (ou idéologie du genre) et aux prétendues thérapies de conversion appliquées aux transsexes.
Pour cela, nous diviserons notre présentation selon les quatre points constitutifs de l’opposition de Lacan au genrisme. À savoir, premièrement, la polarité du sexe réel et le non-rapport sexuel d’où il se déduit que, pour Lacan et contrairement au genrisme, le sexe réel est forcément binaire.
Deuxièmement, nous nous référeront à la critique nette de Lacan envers le féminisme des années 1970, période durant laquelle le féminisme était lamentablement contaminé par l’idéologie genriste et commençait à devenir extrémiste. À l’imposture théorique et à la haine de la différence des sexes qui se dégage de ces deux extrémismes, Lacan opposera ses formules classiques, telles que La femme n’existe pas et le besoin pour le sujet d’être dupe de la différence des sexes.
Troisièmement, pour aller à contresens du genrisme, Lacan situe les difficultés des sujets homosexuels d’accéder à une hétérosexualité accomplie, enfermés, selon lui, dans le drame passionnel d’une père-version que cette idéologie cherche à normaliser. Lacan ne pouvait mieux prévoir les questions sexidentitaires qui agitent la société aujourd’hui où tout devient normal et où, en même temps, la psychopathologie envahit dangereusement le réel de la civilisation.
Quatrièmement, pour se charger de recentrer la psychopathologie des transsexes, Lacan s’opposera à ce qui à l’époque était appelé le transsexualisme, c’est-à-dire l’objet privilégié du genrisme en tant que jouissance sociétale du faire semblant. Toujours pendant les années 1970, époque du règne idéologique du genrisme à la suite de Mai 68, Lacan situera au contraire, d’une part, le fait que l’on ne peut pas s’autoriser à ne plus être sexué et il définira, d’autre part, les rapports du transsexualisme comme lien entre psychose et perversion notamment à partir d’un cas de transsexualisme fétichiste lors de l’une de ses présentations de malades à Sainte-Anne.
À ce propos, rappelons ici la mise en garde de Lacan, dans son Discours de Rome, aux psychanalystes qui dérivent avec naïveté vers les croyances de la psychologie, de la philosophie ou de l’idéologie du moment. Selon les termes de Lacan, il s’agit « d’un nouvel obscurantisme quand tout le mouvement présent de la psychanalyse se rue dans un retour aux croyances liées à ce que nous avons appelé le présupposé de la psychologie » (Lacan, 1956, p. 209).
Aujourd’hui, surtout depuis la deuxième moitié du XXème siècle, le nouvel obscurantisme s’appelle le genrisme que d’autres appellent wokisme et qui, entre autres, véhicule une affirmation, une justification et une apologie de la jouissance transidentitaire.
ARCE ROSS, German, « Lacan antigenre », Nouvelle psychopathologie et psychanalyse, PsychanalyseVideoBlog.com, Paris, 2026 Lacan antigenre Dans