22/02/2026
Tant que la femme ne guérit pas la petite fille blessée en elle, elle continue d’aimer, de choisir et de réagir à travers ses blessures d’enfance.
La petite fille intérieure porte les manques, les peurs d’abandon, le besoin de validation, les blessures de rejet ou d’humiliation.
Si ces blessures ne sont ni reconnues ni apaisées, la femme adulte peut entrer en relation depuis ses fragilités inconscientes.
Elle peut chercher chez l’homme un père réparateur, craindre l’abandon, confondre amour et besoin d’être rassurée.
Sa relation au masculin devient alors une projection.
Elle ne rencontre pas l’homme tel qu’il est, mais à travers le filtre de son histoire.
Elle peut même entrer en lutte contre le masculin.
Si, dans son vécu, cette énergie a été perçue comme dure, absente, dominante ou blessante, elle peut inconsciemment la rejeter en s’opposant aux hommes, en se méfiant d’eux, en les percevant comme une menace.
Ou bien couper en elle sa propre énergie masculine, avoir du mal à poser ses limites, à s’affirmer, à dire non, à prendre sa place.
Dans les deux cas, il y a séparation intérieure.
Car le masculin ne se résume pas à l’homme.
Il représente aussi en elle la capacité à se structurer, à agir avec justesse, à s’affirmer avec stabilité.
Bien souvent, le masculin qu’elle combat à l’extérieur n’est autre que sa propre énergie masculine non intégrée.
Guérir la petite fille intérieure, c’est regarder ses blessures sans s’y identifier.
C’est reconnaître que l’adulte en elle peut désormais se donner ce qu’elle attendait autrefois.
Alors la relation change.
Elle ne cherche plus à combler un vide, mais à partager une plénitude.
Lorsque la femme réconcilie son féminin et son masculin intérieurs, elle ne lutte plus contre l’homme.
Elle le rencontre depuis l’unité en elle.
La relation cesse d’être une projection.
Elle devient un espace de co création consciente.
De la même manière, l’homme qui n’a pas pacifié sa relation à sa mère porte en lui une empreinte féminine non intégrée.
Sa mère fut sa première expérience du féminin.
Si ce lien a manqué de démonstration affective peu de contact, peu de mots doux, peu de tendresse, l’enfant a pu intégrer que les émotions dérangent, qu’il faut être fort pour être aimé.
Pour s’adapter, il apprend à se couper de sa vulnérabilité.
À l’âge adulte, cela peut se traduire par une difficulté à s'ouvrir émotionnellement.
Il peut aimer, mais garder une distance, comme si l’intimité était risquée.
Il peut rechercher inconsciemment une femme maternante ou, au contraire, craindre la fusion et l’emprise.
Il peut chercher la chaleur qu’il n’a pas reçue tout en étant déstabilisé par son intensité.
Il peut croire que montrer ses besoins est une faiblesse.
Se sentir en insécurité face à l’intimité.
Ou encore, selon le modèle d’attachement qu’il a construit dans l’enfance, être attiré par une femme peu démonstrative, plus distante, contrôlante, énergétiquement plus yang , reproduisant inconsciemment la dynamique affective qu’il a connue.
Ou une femme jalouse et possessive, où se cache parfois un attachement presque exclusif, comme si l’intensité du contrôle venait rassurer une insécurité affective ancienne, parfois confondue avec une preuve d’amour.
Ces dynamiques ne parlent pas seulement du partenaire choisi, mais de l’enfant intérieur encore en quête de sécurité.
Et pourtant, derrière cette retenue, se cache souvent une grande sensibilité protégée par une armure.
Guérir, ce n’est pas désigner un coupable.
C’est avoir l’honnêteté et la maturité de reconnaître que certaines choses nous ont manqué.
Ces manques ont façonné notre manière d’aimer, de nous protéger, de réagir.
Guérir, c’est accepter que ces blessures existent encore en nous.
C’est reconnaître avec conscience que nous n’avons pas reçu tout ce dont nous avions besoin.
Et aujourd’hui, choisir de ne plus laisser ce manque diriger notre vie.
Lorsque la femme guérit sa petite fille et que l’homme apaise son enfant intérieur, ils ne se rencontrent plus pour combler un manque, mais pour partager une présence.
Ils ne s’aiment plus depuis la peur, mais depuis la conscience.
Alors le couple cesse d’être un lieu de réparation.
Il devient un espace d’évolution.
Deux adultes.
Deux cœurs responsables.
Prêts à aimer librement.
La femme stable dans sa posture, tout en étant douce et affirmée, peut exister pour qui elle est.
Sa douceur n’est plus une soumission.
Son affirmation n’est plus une défense.
Elle sait poser ses limites sans fermer son cœur.
Elle sait dire non sans culpabilité.
Elle n’élève plus la voix pour être entendue, car sa présence suffit.
Elle n’attend plus qu’on la sécurise,.elle se sent en sécurité en elle.
Son énergie masculine intégrée lui donne structure et clarté.
Son énergie féminine apaisée lui donne intuition et réceptivité.
Elle n’est plus en lutte.
Elle est alignée.
L’homme en reliance avec ses émotions ne craint plus sa vulnérabilité.
Il ne confond plus sensibilité et faiblesse.
Il peut ressentir sans se sentir menacé.
Il sait exprimer ce qu’il traverse sans se justifier.
Il peut accueillir les émotions de sa partenaire sans se fermer ni se défendre.
Sa force ne réside plus dans le contrôle, mais dans la stabilité intérieure.
Il n’a plus besoin de fuir l’intimité, car il a appris à rester présent à lui même.
Son féminin intérieur intégré lui donne profondeur et empathie.
Son masculin apaisé lui donne direction et solidité.
Il ne domine pas.
Il ne se soumet pas.
Il se tient.
Et lorsque cette femme et cet homme se rencontrent,.ce n’est plus un jeu de pouvoir, ni une danse de blessures.
C’est une alliance.
Deux êtres ancrés.
Deux sensibilités conscientes.
Une relation où la douceur et la force s'allient.
La femme accompagne l’homme sur le chemin de son cœur, en douceur et avec présence, en l’aidant à se reconnecter à ses émotions, à sa vulnérabilité et à sa capacité à aimer pleinement.
Elle lui offre un miroir bienveillant où il peut se reconnaître et grandir.
L’homme, de son côté, accompagne la femme sur le chemin de sa puissance intérieure.
Par sa stabilité, sa présence consciente et son respect de ses limites, il lui permet de s’affirmer.
Il soutient et reflète sa force et sa clarté, tout en honorant sa douceur et sa sensibilité.
Ensemble, ils créent un espace où chacun peut évoluer, guérir et rayonner.
Ils marchent côte à côte, conscients, libres et responsables, dans une relation de cœur à cœur et d’âme à âme.
©️Audrey Delrue
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