02/01/2026
LE COIN DE L’APOTHICAIRE : épisode 51
Paréidolie : Parmi tant d’autres, Curiositophil et Apoplum sont atteints de manière aiguë et de longue date par ce phénomène optique. Rassurez vous, ils le vivent bien et ce n’est pas contagieux, ce qui est dommage d’ailleurs. Mais de quoi parlons nous ?
Une paréidolie est une forme d’illusion d’optique qui fait qu’un individu associe une forme connue (souvent animale ou humaine) à un stimuli visuel indéfini ou neutre ; cela consiste par exemple à voir un animal dans un nuage, un visage dans un rocher ou un caillou, une forme familière dans un objet du quotidien.
L’explication tient dans le fait que lorsque notre œil regarde quelque chose, la rétine reçoit les informations lumineuses et les envoie par un message nerveux abstrait, codé à notre cerveau par les nerfs optiques. Et c’est lui qui crée alors une image en fonction du message reçu.
La paréidolie trouve son origine dans le fait que notre cerveau ne « voit » pas mais interprète, donne du sens à des informations aléatoires, en les identifiant à des formes déjà connues, qui ont une signification pour lui. A la différence des autres illusions d’optique qui découlent des principes fondamentaux de la perception humaine, chacun peut dans le cas des paréidolies, voir une chose différente, influencée par les attentes, les prédispositions, la culture qui lui sont propre.
Cette capacité à discerner formes et visages est inhérente et reliée à l’instinct de survie de l’être humain et a été un avantage favorable lors de l’évolution dans la mesure où elle nous garde vigilant et réactif face à l’apparition d’un potentiel danger.
Mais pourquoi voit on préférentiellement un visage ? Cela est lié au fait que l’être humain est avant tout un animal très social dont les interactions sont fondées sur la reconnaissance des visages et des expressions exprimées par eux.
La paréidolie trouve une utilité dans le cadre de la psychologie clinique à travers le célèbre test de Rorschach, du nom du psychanalyste suisse qui l’a élaboré : le sujet donne sens à des tâches d’encres qui lui sont présentées en fonction de ses propres représentations mentales ; le but est d’établir une relation entre la perception et la personnalité.
A signaler que la paréidolie concerne également les illusions sonores, lorsque l’on croit entendre une voie humaine dans le souffle du vent.
Dans le domaine de l’art, le maître incontesté de la paréidolie est le peintre italien du 16ème siècle Giuseppe Arcimboldo, célèbre pour ses tableaux révélant des figures humaines masquées dans des corbeilles de fruits ou des paniers de légumes.
En tout cas, l’expression « avoir la tête dans les nuages » serait plus adaptée dans le cas de la paréidolie en l’orthographiant « à voir la tête dans les nuages » !
Le mois prochain, l’histoire d’un buisson qui ne tient pas en place...
Curiositophil