Cabinet Gromaire

Cabinet Gromaire Je vous propose mes accompagnements en individuels, familiaux et en couple orientées sur des th... J'effectue également des bilans pour enfants et adolescents.

Bonjour
Je vous propose mes accompagnements en individuels , familiaux et en couple orientés sur des thérapies brèves et orientées solutions. Vous pouvez aussi, de chez vous, par confort ou parce que vous ne pouvez pas vous déplacer, me joindre sur Skype. Mon approche est bienveillante et humaniste,mon expérience de 18 années vous garantit une ouverture et posture sans jugement et d'un regard extérieur très affuté.

26/02/2026

LIGNE DE FRONTIÈRE : Le sujet face au trou noir maternel
Joëlle Lanteri – Psychanalyste
OUVERTURE
Il existe des mères vivantes et des mères mortes.
Non pas mortes dans le réel, mais psychiquement absentes :
vidées de désir, incapables d’animer la vie psychique de l’enfant.
Face à elles, la fille vit sur une ligne de frontière :
trop loin, elle tombe ; trop près, elle disparaît.
Certaines patientes ne viennent pas “pour leurs symptômes”.
Elles viennent parce qu’elles sentent qu’elles ne tiendront plus très longtemps sur cette ligne fragile où chaque pas menace d’effondrement.
Le travail analytique consiste alors à affronter ce trou noir maternel —
ce vide qui aspire, cette absence qui dévore,
et dont il faut pourtant s’extraire pour vivre.
ENCART POUR LES CLINICIENS
Cette vignette interroge une clinique spécifique :
celle de la mère morte (André Green) et de l’emprise primaire (Piera Aulagnier).
La patiente borderline n’est pas “instable” : elle lutte contre une attraction gravitationnelle interne liée à un manque inaugural de désir maternel.
Le vide de la mère crée un mouvement d’aspiration où la fille s’identifie au non-être,
oscillant entre symbiose mortifère et séparation vécue comme meurtre.
L’écho cinématographique à Julieta d’Almodóvar permet d’éclairer cette dynamique :
quand la mère est effondrée, la fille disparaît pour survivre.
Cette articulation — disparition psychique comme acte de survie — éclaire le travail thérapeutique autour du risque suicidaire, de la séparation, et de la reconstruction d’un territoire psychique propre.
Une jeune patiente, récemment diagnostiquée borderline, arrive un matin en thérapie après un placement en urgence dans un établissement de soins.
Jeune majeure, elle accepte pourtant de faire chaque semaine un long trajet pour ses séances.
Ce placement n’a rien d’une sanction : c’est une tentative institutionnelle de la protéger d’un environnement psychique qui la menace, de lui donner un territoire respirable.
Elle ne le dit pas, mais tout son corps le formule :
rester chez ses parents, c’est mourir lentement.
I. Une scène familiale révélatrice
Lors d’une rencontre familiale, le tableau s’impose avec une netteté glaciale.
– La mère règne.
Elle occupe tout, parle pour tous,
incarne ce mélange inquiétant de maîtrise et de vide.
Indétrônable, jalouse, férocement sensible à tout risque de rivalité féminine.
– Le père est un appui matériel,
mais il vit sous la coupe de la mère.
Sa présence rassure, mais n’ordonne rien.
– La sœur s’est coulée dans le moule maternel,
a trouvé le ton juste pour ne pas déranger.
Et au milieu,
la jeune patiente apparaît comme celle dont l’existence dérange la géométrie narcissique du système.
Une présence qui fissure l’image,
comme si elle révélait ce que la mère s’acharne à tenir sous scellés.
II. Une phrase qui glace
Lorsque la jeune femme confie à sa mère qu’elle n’en peut plus vivre,
celle-ci répond :
« Je t’aiderai. Je ne te jugerai jamais. »
Ce n’est pas du soutien.
C’est un pacte mortifère.
Une collusion silencieuse, presque tendre,
avec l’idée de disparaître ensemble.
Cette phrase signe une alliance contre la vie :
une fidélité au trou noir maternel qui réclame sa fille comme compagne d’effondrement.
À partir de là, la séparation n’est plus un axe thérapeutique :
elle devient une urgence vitale.
III. La première année : identification et lutte
Durant la première année, un transfert intense s’installe.
La jeune femme veut comprendre, veut penser,
veut devenir psychologue.
Elle s’arrime à cette possibilité :
vivre autrement que dans le vide maternel.
C’est un mouvement d’une immense intelligence psychique :
chercher ailleurs un modèle féminin non mortifère.
Conquérir enfin un territoire interne qui ne soit pas annexé à celui de la mère.
IV. La rechute : quand le corps porte le trauma
Mais la chute arrive.
Anorexie, boulimie, excès, effondrement, conduites à risque.
Le corps devient la seule scène disponible pour dire :
la faim de mère,
le trop-plein de mère,
l’effroi de la séparation,
la haine retournée,
la tentation de disparaître pour ne plus trahir celle qui règne.
Le père est terrorisé par le risque suicidaire.
Il surveille, retient, étouffe.
Mais il ne retient que l’ombre.
Le sujet, lui, glisse.
V. Ce que disent Green et Aulagnier
Pour comprendre ce qui aspire la patiente,
il faut convoquer deux penseurs majeurs.
André Green : la mère morte
La mère morte n’est pas une mère absente physiquement.
C’est une mère psychiquement éteinte,
débranchée de son désir.
L’enfant tente d’abord de la ranimer,
puis finit par s’identifier à son vide.
Cette identification produit un mouvement d’aspiration :
le sujet est happé vers un trou noir interne.
Piera Aulagnier : l’emprise primaire
Aulagnier décrit la mère qui pense “à la place de”,
qui éprouve “à la place de”,
qui interdit toute émergence d’un territoire psychique séparé.
La fille ne s’appartient pas.
Elle vit comme une annexe de la mère.
La séparation devient une bataille contre une force de gravité.
VI. L’écho à Julieta d’Almodóvar
Cette clinique résonne avec une justesse bouleversante dans Julieta d’Almodóvar.
Dans le film, la fille disparaît pour survivre à la mère.
Elle fuit non pour punir,
mais pour échapper à un vide maternel qui l’engloutirait entièrement.
Almodóvar filme cette dynamique avec une précision analytique rare :
une mère effondrée,
une fille aspirée,
la disparition comme unique acte de survie psychique.
C’est exactement le mouvement que l’on observe ici :
quand la mère est un trou noir,
la fille n’a que deux options :
se laisser absorber ou s’effacer.
VII. Que peut-on sauver ?
La question essentielle n’est pas :
“comment stabiliser ?”
ou
“comment prévenir les crises ?”
La question est :
Comment permettre l’émergence d’un désir propre ?
Un désir qui ne soit plus un prolongement de la mère,
ni une défense contre elle,
mais une ligne de vie autonome.
Le travail analytique consiste alors à :
soutenir la séparation,
accueillir les effondrements,
reconnaître la terreur d’exister seule,
accompagner la naissance d’un territoire psychique enfin habitable.
⭐ Conclusion
La patiente borderline n’est pas en lutte contre elle-même.
Elle est en lutte contre un vide originaire,
un trou noir maternel qui appelle la disparition.
Traverser cette ligne de frontière,
c’est accomplir l’acte le plus radical :
se désengager du vide pour se réapproprier la vie.
Exister, enfin.

26/02/2026

Quand la mort du père n’est pas un deuil, mais une alerte

I. L’orage clinique : quand “ça ne ressemble pas à un chagrin”

Il arrive qu’une patiente perde son père et que, contre toute attente, ce qui s’annonce ne prenne pas la forme classique du deuil : tristesse reconnaissable, récit cohérent, souvenirs, angoisse “compréhensible”.
À la place : insomnie, sidération, désorganisation, perte de repères, incapacité à assumer le quotidien, larmes qui débordent sans mots. Le sujet paraît hors-sol, comme si le monde interne avait perdu sa charpente.

C’est une zone à haut niveau d’alerte. Non pas au sens d’un danger immédiat seulement, mais au sens d’un phénomène psychique massif : un effondrement de défense.
Là où l’entourage pourrait dire : “c’est le chagrin”, le clinicien entend parfois autre chose : la chute d’un déni, l’abandon forcé d’un système de pensée protecteur, et l’entrée dans une temporalité où l’inconscient prend la parole — non pas en discours, mais en tempête.

Ce type de tableau ne signale pas nécessairement un deuil “trop intense”. Il peut annoncer : “quelque chose, jusqu’ici tenu, ne peut plus être tenu.”

II. La mort comme levée d’un verrou : “je n’ai plus à protéger l’image”

La mort du père peut jouer, dans certains montages psychiques, le rôle d’un déverrouillage.
Tant que le père vit, une part du sujet demeure engagée — parfois à son insu — dans une fonction de protection : protéger l’image du père, protéger la famille, protéger la mère, se protéger elle-même contre ce qu’elle sait sans savoir.

Quand il meurt, une phrase silencieuse s’écrit dans le psychisme :
“Je n’ai plus à protéger.”
Et cette levée de mission peut être vécue non comme une délivrance paisible, mais comme un effondrement : car la protection était aussi un pilier identitaire. On tenait debout en tenant le secret, en tenant le déni, en tenant la façade.

Ce n’est pas que “le secret sort” comme une confession claire.
C’est plutôt que le corps et la vie psychique commencent à dire :
“Je ne peux plus.”

Freud nous a appris que le refoulé ne revient pas d’abord sous forme de récit, mais sous forme de symptôme : trou dans la pensée, angoisse sans objet, larmes sans histoire, débordement du corps, désorganisation. Ce “retour” n’est pas un choix : c’est une poussée.

III. L’effondrement n’est pas la catastrophe : c’est le signal qu’un système de survie cède

Winnicott a une formule précieuse : il existe des effondrements qui n’arrivent pas “pour la première fois”, mais qui sont la réédition d’un effondrement ancien, resté impensable, et jusque-là évité par des défenses.
Quand la défense lâche, le sujet ne “se souvient” pas ; il retombe dans un état.
— la patiente perdue, incapable de porter ses responsabilités, défaite — ressemble à ce moment où le moi, jusque-là soutenu par une architecture défensive, se retrouve sans ses étais.

Et c’est ici que le thérapeute doit tenir une boussole intérieure :

Ne pas surinterpréter trop vite.

Ne pas rassurer de façon prématurée (“ce n’est que le deuil”).

Ne pas paniquer devant la désorganisation.

Ne pas précipiter la parole.

Car cette désorganisation peut être, paradoxalement, une alerte de guérison : la preuve que le psychisme tente enfin de se dégager d’un mensonge vital, d’un gel ancien, d’un pacte de silence.

IV. Quand la parole émerge “en balbutiant” : larmes, trous, phrases inachevées

Dans ces moments-là, la parole n’arrive pas comme un récit.
Elle arrive comme une bouée qui remonte, mais la mer est encore trop agitée.

On observe souvent :

des phrases interrompues

une honte sans contenu

une culpabilité flottante

des contradictions

une perception de danger interne : “si je dis, je détruis.”

C’est précisément la clinique des secrets : le sujet ne sait pas ce qu’il sait, mais il sait qu’il ne faut pas savoir.
Le corps, lui, n’obéit plus.

Lacan rappelait que la vérité ne se dit jamais toute : elle se mi-dit. Ici, elle se mi-dit en larmes, en trous, en sidérations.
Et c’est là que la présence du clinicien devient capitale : non pas comme enquêteur, mais comme tiers de stabilité, garant qu’une vérité peut se dire sans que le monde s’écroule.

V. La posture thérapeutique : contenir l’orage sans le faire taire

Dans une “alerte haute”, votre travail n’est pas de “faire parler” mais de rendre possible.

Contenir sans dramatiser
L’enfant intérieur de la patiente vit parfois la montée du vrai comme un danger de mort psychique. Le thérapeute fait contrepoids : “Nous pouvons rester au bord sans tomber dedans.”

Accueillir l’effondrement comme langage
La désorganisation n’est pas l’échec de la thérapie : elle peut être la première forme de discours possible.

Protéger la temporalité
Ne pas chercher “le secret” comme un objet.
Attendre que le psychisme, à son rythme, transforme le chaos en représentations. Bion parlerait ici de la nécessité de transformer les éléments bruts (angoisses sans forme) en éléments pensables : c’est le travail du contenant.

Nommer le processus, pas le contenu
On peut dire, avec prudence :
“Il se passe quelque chose de très important. Ce n’est pas seulement du chagrin. C’est comme si une partie de vous lâchait une armure.”
Cela aide le moi à ne pas se croire “fou”.

Soutenir le quotidien comme ancre
Sommeil, alimentation, rythmes, liens fiables : pas comme conseils hygiénistes, mais comme points d’amarrage pendant la tempête.

VI. De l’orage au printemps du moi : quand l’effondrement devient remaniement

mon image est juste : un orage qui annonce un printemps.
Mais c’est un printemps qui ne ressemble pas à une renaissance euphorique.
C’est un printemps de dégel : la boue remonte, l’eau déborde, les anciennes racines apparaissent.

Cliniquement, cela peut être le début :

d’une sortie de la loyauté toxique (“je dois protéger”)

d’une récupération du désir (“j’ai le droit de vouloir”)

d’une relecture de l’histoire (“ce que j’appelais normal ne l’était pas”)

d’une différenciation (“ce père n’est plus le pilier sacré”)

Il est fréquent que le sujet ne puisse pas encore dire quoi s’effondre.
Mais il sent que quelque chose s’effondre. Et cette sensation suffit à créer panique, confusion, honte.

Votre tâche chers cliniciens ,est alors de soutenir une position interne :
ce n’est pas une chute vers le vide, c’est une chute des défenses vers la vérité.
Et la vérité, au début, est toujours informe.

VII. Ce que le clinicien peut se répéter pour tenir

“Ce qui déborde n’est pas un caprice : c’est un retour du réel psychique.”

“Je n’ai pas à savoir avant elle.”

“Je n’ai pas à arracher le sens : je dois permettre qu’il advienne.”

“Le calme que je propose est une structure, pas une négation.”

“L’effondrement peut être le premier acte de la guérison.”

Joëlle Lanteri – Psychanalyste

https://www.facebook.com/share/p/1Fgi2gkoxG/?mibextid=wwXIfrÀ tous mes patients devant une cigarette, un verre , et autr...
21/01/2026

https://www.facebook.com/share/p/1Fgi2gkoxG/?mibextid=wwXIfr
À tous mes patients devant une cigarette, un verre , et autres addictions.. :
Un témoignage émouvant et très réaliste.

J’ai 26 ans. Je n’ai pas bu une goutte d’alcool depuis deux mois. Mais pour être honnête ? J’avais peur. Peur d’avoir déjà trop abîmé mon corps.

https://www.linkedin.com/posts/marion-saintgery-bourgarel-88058698_burnout-une-cons%C3%A9quence-normale-face-activity-74...
15/01/2026

https://www.linkedin.com/posts/marion-saintgery-bourgarel-88058698_burnout-une-cons%C3%A9quence-normale-face-activity-7416536039202361344-ANDK?utm_medium=ios_app&rcm=ACoAAArLrSIBD9zhdlKHYgjbu4YDPlPSFOdxkj8&utm_source=social_share_send&

Une notion à approfondir: « la santementalisee ou comment « pathologiser » les comportements humain pour affranchir la responsabilité des systèmes »

Cet article interroge la pathologisation des individus, la culpabilité intériorisée et la quête devenue impossible de reconnaissance professionnelle. Et si l’épuisement professionnel était avant tout le symptôme d’un contexte profondément « anormal » ? https://lnkd.in/eXz2btDn

02/01/2026

Je vous souhaite une très bonne année à tous et un adieu à vos peines, déchirements et deuils traversés en 2025.
À vos côtés pour embellir cette nouvelle année🌈🌈🌈

Adresse utile.
04/12/2025

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