16/05/2021
Aujourd’hui, je vous fais suivre un extrait d’un article paru sur le site de lanutrition.fr. Un énième article, vous allez me dire, au sujet du covid. Mais il me semble intéressant et surtout, il donne des informations scientifiquement prouvées, et celles qui ne le sont pas, le tout d’une manière indé-pendante et neutre :
« Quelle est la place de l’alimentation et des compléments alimentaires dans la prévention et le traitement de la COVID-19 ? Voici ce que l’on sait en 2021.
Comment s’alimenter ?
L’alimentation doit avoir pour objectif de corriger l’inflammation chronique quand c’est possible (ce n’est pas toujours le cas).
Dans de nombreux cas, obésité, surpoids et diabète de type 2 (d’apparition récente), ainsi que des facteurs de risque cardiovasculaires comme l’hypertension peuvent être pris en charge et/ou in-versés en suivant un régime alimentaire méditerranéen, hypocalorique, à index glycémique bas, et/ou pauvre en glucides.
Le régime méditerranéen est lui-même un mode d’alimentation riche en composés anti-inflammatoires, apportés par les fruits, légumes, aromates, l’huile d’olive, les noix, les poissons gras, les tisanes.
En réduisant l’inflammation, l’alimentation a donc le pouvoir de mettre le système immunitaire au repos et permettre à l’organisme de mieux se défendre en cas d’infection.
Quelle place pour les suppléments ?
En dépit de nombreuses annonces, il n’existe pas de preuves que les compléments alimentaires préviennent la COVID-19 ou qu’ils changent le cours de la maladie. Voici un tour d’horizon de quelques suppléments parmi les plus commentés dans la littérature scientifique et sur les réseaux sociaux.
La vitamine C
La vitamine C soutient l’activité et la prolifération de certaines cellules immunitaires, et elle a montré des effets modestes sur le rhume (diminution de la durée et de la sévérité des symptômes). En revanche, il n’existe pas de preuves qu’elle prévient ou soulage les symptômes de la grippe, et toujours pas de preuves qu’elle est utile dans la COVID-19.
Malgré tout, les déficits en vitamine C doivent être évités. Ils concernent surtout les personnes qui mangent peu de fruits, légumes et abats, les athlètes de haut niveau, les fumeurs, les personnes souffrant de maladies respiratoires, maladies gastro-intestinales, inflammatoires, de cancers…
La vitamine D
La vitamine D a des propriétés immunostimulantes et anti-inflammatoires. Une méta-analyse a trouvé que des suppléments de vitamine D à dose modérée diminuent le risque d’infection respira-toire. Par ailleurs, de nombreuses études ont rapporté un lien entre le déficit en vitamine D et le risque d’infection et de complications par le virus SARS-CoV-2. Mais ces études d’observation comportent de nombreux biais et doivent être confirmés par des essais cliniques. Malheureuse-ment, les quelques essais cliniques conduits à ce jour n’ont pas donné de résultats probants, et une étude espagnole d’intervention, qui laissait penser que les patients hospitalisés qui reçoivent des suppléments de vitamine D évoluent plus favorablement que ceux qui n’en prennent pas, a finale-ment été retirée. On ne sait donc toujours pas si la vitamine D a un intérêt clinique.
Parce que la vitamine D intervient largement sur de nombreux équilibres physiologiques, les défi-cits en vitamine D doivent cependant être prévenus. Ces déficits sont répandus à la saison froide en France, Suisse, Belgique, Canada ; ils sont plus marqués chez les personnes en surpoids et de couleur. Les personnes âgées qui sortent peu ont un risque de carence toute l’année.
Le zinc
Expérimentalement, le zinc module l’immunité jusqu’à un certain point. Des doses élevées ont au contraire un effet néfaste, par abaissement du cuivre. Les suppléments de zinc (pastilles) semblent capables de diminuer la durée et la sévérité du rhume, mais aucune preuve n’a jusqu’ici pu être rassemblée en prévention ou traitement de la COVID-19, malgré un engouement pour son associa-tion avec l’hydroxychloroquine (un médicament ayant échoué dans les essais cliniques).
Comme pour les autres micronutriments, il faut éviter les déficits en zinc. On les rencontre surtout chez les végétariens et végans, et dans les maladies gastro-intestinales.
Les oméga-3
Les acides gras oméga-3 à longues chaînes (EPA, DPA, DHA) ont des propriétés anti-inflammatoires qui pourraient être mises à profit en cas de complications liées à un niveau exces-sif de cytokines pro-inflammatoires, comme l’interleukine-6. Dans un essai clinique récent, ran-domisé et en double aveugle, des patients hospitalisés pour COVID-19 ont reçu pendant 2 se-maines via une sonde 1000 mg d’oméga-3 par jour (dont 400 mg d’EPA et 200 mg de DHA) pen-dant 14 jours, le groupe de contrôle recevant la formulation entérale sans oméga-3.
Le taux de survie dans le groupe « oméga-3 » a été significativement plus élevé (21% contre 3). Les suppléments d’oméga-3 ont aussi eu un effet positif sur certains paramètres respiratoire et rénaux. Il est donc possible que les oméga-3 puissent améliorer les malades hospitalisés ou dont l’état s’aggrave.
Le manque d’oméga-3 est répandu dans la population. Il est dû à la part importante prise au cours des dernières décennies par les acides gras oméga-6, la famille de graisses qui entre en compéti-tion avec les oméga-3, et qui est apportée par les huiles de tournesol, maïs, soja, pépins de raisin, les produits céréaliers, les viandes et œufs d’animaux nourris avec des produits céréaliers et du soja. Ces aliments tout comme l’alimentation industrielle et ses aliments ultra-transformés sont donc à limiter autant que possible.
En pratique
L’alimentation joue bien un rôle dans la pandémie de COVID-19. On peut l’optimiser en adoptant par exemple un régime de type méditerranéen. En revanche, on manque toujours de données so-lides pour affirmer que les compléments alimentaires peuvent améliorer les malades ou réduire le risque d’infection lorsqu’on est exposé au virus. Les études sur la vitamine D sont insuffisantes ; il faut suivre de près les données à venir sur les oméga-3.
Dans tous les cas, les déséquilibres d’apport en acides gras (excès d’oméga-6 ou d’acides gras saturés) et les déficits en vitamines et minéraux devraient être évités car expérimentalement ils peuvent soit nuire à la fonction immunitaire, soit favoriser des inflammations. Pour prévenir ou corriger ces déséquilibres, il faut revisiter son régime alimentaire, avec l’aide par exemple d’un diététicien-nutritionniste. On pourra le cas échéant faire appel à des compléments multivitaminés, ou des supplémentations ciblées (vitamine D en hiver, vitamines B chez les fumeurs, magnésium dans le stress chronique, etc…). Prenez conseil auprès d’un professionnel de santé. »
Prenez soin de vous, gardez le moral et la santé, on tient le bon bout !
(vous connaissez mon côté optimiste 😉)