30/04/2026
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Dans le coin tranquille du jardin, là où l’herbe pousse un peu plus librement et où le soleil s’att**de sans se presser, elle était là. Une toute petite fraise des bois. Presque timide. Rouge juste ce qu’il faut, comme si elle hésitait encore à se montrer au monde.
En la découvrant, le temps a doucement glissé en arrière.
Le jardin n’était plus tout à fait le même. Il s’est transformé en sentier, bordé de ronces et de feuilles froissées sous les pas. Dans une main, un petit seau. Dans l’autre, celle, rassurante de mon grand-père. On avançait lentement, avec cette patience qu’ont les enfants quand ils cherchent un trésor. Car chaque fraise en était un.
Il fallait les repérer, ces petites taches rouges cachées sous le vert. Se baisser, écarter les feuilles, retenir son souffle… puis sourire. Une trouvée. Puis une autre. Le seau se remplissait doucement, mais le cœur, lui, débordait déjà.
Et puis il y avait le goût.
Ce goût qu’aucune autre fraise ne sait vraiment imiter. Un goût de soleil, de terre chaude, de rire partagé. Un goût qui ne se mesure pas en quantité, mais en souvenirs.
Dans le présent, la petite fraise du jardin n’était qu’une parmi d’autres à venir. Peut-être. Ou peut-être pas. Mais elle portait déjà en elle tout un moment d’autrefois.
Quatre pots de confiture l’année passée, quelques desserts savourés presque en secret… et maintenant, cette promesse à peine visible dans l’herbe.
Alors on se penche, comme avant. On prend le temps.
Et pendant un instant, très doux, on n’est plus seulement dans son jardin.
On est dans ses souvenirs.