22/04/2026
🌸Les murmures secrets de votre corps #3🌸
Quand la vague ne passe pas… le corps protège
On a vu qu’une émotion fonctionne comme une vague. Elle monte, elle traverse, et normalement elle redescend.
Mais parfois, ça ne se passe pas comme ça.
La vague monte… et là, quelque chose en vous dit : “Non, ça je ne veux pas le ressentir.”
Alors vous bloquez.
Et c’est là que le corps entre en scène.
Il faut savoir une chose importante. Le cerveau n’aime pas ce qui est flou, envahissant ou incontrôlable. Et une émotion peut l’être. Alors il va parfois faire quelque chose de très intelligent : transformer une charge émotionnelle en sensation physique.
Pourquoi ? Parce que le physique est plus simple à gérer. On peut le localiser, le comprendre, agir dessus. C’est quelque chose que l’on retrouve dans de nombreuses approches autour de la douleur et du stress.
Prenons un exemple.
Une personne vit une blessure affective. Une séparation, une trahison, un rejet. Elle ressent une tristesse profonde. Mais elle ne peut pas la vivre complètement. Parce que c’est trop intense. Parce qu’elle doit rester forte. Parce qu’elle a appris à tenir.
Alors la vague reste bloquée.
Et le corps, lui, va protéger.
On retrouve souvent une oppression dans la poitrine, une respiration plus courte, un corps qui se referme. Comme si quelque chose disait : “On va fermer ici, c’est plus sûr.”
Ce qui est intéressant, c’est que différentes approches observent des liens similaires, chacune avec leur langage. La médecine chinoise relie la tristesse aux poumons. Certaines approches énergétiques parlent de la zone du cœur. Ce sont des modèles différents, mais ils pointent souvent vers les mêmes endroits du corps.
Et le fascia, dans tout ça ?
Le fascia est en lien direct avec le système nerveux autonome. Il ne réfléchit pas, il réagit. Si quelque chose est vécu comme dangereux, il se contracte, il se rétracte et crée une protection. Des recherches en fascia, notamment celles de Robert Schleip, montrent que ce tissu est très sensible au stress et à l’état émotionnel.
La tension n’est pas le problème. La tension est une solution. Votre corps essaie de vous aider. Même si parfois, il en fait un peu beaucoup.
Mais si cette protection reste dans le temps, elle bloque le mouvement, empêche la vague de circuler et maintient une rigidité.
Et souvent, sans le vouloir, on entretient cela avec nos pensées. “Ça ne devrait pas être là.” “Il faut que ça passe.” “Je ne veux pas ressentir ça.” Et le corps se referme encore plus.
Alors comment ça peut relâcher ?
Le fascia ne lâche pas sous la contrainte. Il lâche quand il se sent en sécurité.
Et pour cela, il a besoin de trois choses : de la lenteur, de la sécurité et de la présence.
La lenteur permet au système nerveux de comprendre qu’il n’y a pas de danger. Si vous allez trop vite, il se défend. Si vous ralentissez, il commence à s’apaiser.
La sécurité permet au corps de relâcher la protection.
Et la présence, c’est accueillir ce qui est là, dans cette sécurité, pour permettre à la vague de reprendre son chemin.
C’est dans cet espace-là que quelque chose peut se transformer.
Pas en forçant. Pas en contrôlant. Mais en permettant.
Alors peut-être que la prochaine fois que vous ressentez une tension dans votre corps, au lieu de vouloir la faire disparaître à tout prix, vous pouvez simplement vous demander :
Et si cette tension était une protection… qui attend juste que je me pose pour pouvoir se relâcher ?