17/05/2025
"Je me nomme : Maladie Invisible
Je suis cette présence sourde et imprévisible.
Je frappe quand je le décide, et de la façon la plus insidieuse.
Je me glisse dans ton corps sans prévenir, je m’installe sans invitation, et je t’ébranle jusqu’au plus profond de toi.
Mon plaisir ?
Semer la douleur sans laisser de trace.
Te faire souffrir en silence, de sorte que nul ne puisse comprendre, que nul ne puisse croire.
C’est là ma cruauté : je blesse sans cicatrice, j’épuise sans marque, je détruis sans bruit.
Je fais de tes nuits un supplice.
Je te vole le sommeil, je t’enlace de douleurs que même le repos ne soulage pas.
Je décide du programme : tu ne sortiras pas ce soir, tu ne travailleras pas demain, tu annuleras encore.
Car je suis là, toujours prête à surgir, à tout moment.
Petit à petit, je grignote ta confiance, j’éteins tes envies, j’étouffe tes projets.
Je t’enferme chez toi, je t’éloigne des autres, je te plonge dans l’isolement.
Et même lorsque tu cherches de l’aide, je reste tapie, indétectable.
Alors on te dit que tout cela est dans ta tête.
Que tu exagères. Que tu inventes.
On te réduit à des mots vides, à des diagnostics bâclés, à un malaise que personne ne veut voir.
Je suis l’ombre au milieu de la lumière, le fardeau que la société refuse de reconnaître.
Je prospère dans l’incompréhension, dans le silence des médecins pressés, dans les jugements de ceux qui ne savent pas.
Car oui, je suis invisible. Et dans un monde qui ne jure que par ce qu’il voit, je deviens ton pire ennemi.
Je suis la Maladie Invisible.
Et je parle au nom de tous ceux que je tiens dans mes chaînes.
Ceux qu’on ignore. Ceux qu’on juge. Ceux qu’on oublie.
Mais leur douleur, elle, est bien réelle."
Texte par : Balance ton handicap invisible
"