07/01/2026
Design sensoriel et ergonomie : l’impact des sons, textures et odeurs sur la performance au travail: Si l’ergonomie est souvent associée à l’aménagement physique des postes de travail, elle englobe également une dimension plus subtile et pourtant essentielle : l’environnement sensoriel. Sons, lumières, textures, odeurs... ces éléments influencent en profondeur la concentration, le confort, le stress et donc la performance des salariés.
Le design sensoriel, appliqué au monde du travail, permet de créer des espaces de travail multisensoriels plus agréables, plus stimulants ou au contraire plus apaisants, selon les besoins. Cet article vous propose d’explorer les leviers d’optimisation sensorielle qui renforcent l’ergonomie et le bien-être au bureau.
Un environnement sensoriel, c’est quoi ?
L’environnement sensoriel désigne l’ensemble des stimuli perçus par nos sens dans un espace donné : le bruit ambiant, la lumière, les couleurs, la température, les matières, les odeurs... Or, ces éléments ont un impact direct sur :
* La concentration et la mémorisation
* Le niveau de fatigue
* La sensation de bien-être ou d’inconfort
* La perception de l’espace et du temps
En ergonomie, optimiser ces paramètres relève d’une approche holistique et dynamique, où chaque sens est pris en compte dans la conception ou le réaménagement des espaces de travail.
Les sons : l’ergonomie acoustique pour favoriser la concentration
Le bruit est l’un des facteurs les plus délétères pour la performance cognitive. Un open-space bruyant peut réduire la productivité de 30 à 60 % selon certaines études. Mais un silence absolu n’est pas non plus toujours optimal : un fond sonore trop faible peut amplifier les sons ponctuels (clavier, toux, téléphone), ce qui génère des micro-stress.
Les solutions acoustiques ergonomiques incluent :
* Les moquettes acoustiques ou dalles murales absorbantes : elles réduisent la réverbération sonore
* Les panneaux phoniques suspendus ou en cloisons mobiles, pour délimiter sans cloisonner totalement
* La diffusion de bruits blancs ou sonorités naturelles (pluie, feuillage, rivière) via des enceintes discrètes
* Les casques à réduction active de bruit pour les postes particulièrement exposés
Une bonne ergonomie acoustique permet de réduire la fatigue mentale, d’améliorer la concentration et de diminuer le besoin de pauses fréquentes pour « s’échapper du bruit ».
Les textures et matières : la dimension tactile du bien-être
Le sens du toucher est souvent négligé dans les aménagements de bureaux, pourtant il joue un rôle fondamental dans le confort postural, la régulation émotionnelle et le sentiment d’ancrage.
Les leviers du design tactile ergonomique incluent :
* Des revêtements de sièges agréables au toucher (tissus respirants, microfibres douces, simili à effet peau de pêche)
* Des repose-poignets et tapis de souris en mousse à mémoire de forme
* Des textures bois, lin, liège, feutre pour les accessoires ou les panneaux
* Des objets de réassurance tactile à disposition (galets, balles souples, textiles réconfortants…)
La stimulation tactile peut aussi aider à la régulation du stress : certaines matières apaisent, d’autres réveillent les sens. Le choix des textures doit donc être en lien avec le type de tâche à réaliser : concentration, créativité, repos, etc.
Les odeurs : un levier puissant mais délicat
L’odorat est directement lié au système limbique, centre des émotions et de la mémoire. Une odeur désagréable ou trop marquée peut provoquer une gêne, une baisse de vigilance ou des maux de tête. À l’inverse, une diffusion olfactive maîtrisée peut améliorer significativement le confort de travail.
Les recommandations en ergonomie olfactive :
* Privilégier des huiles essentielles ou hydrolats non allergènes (lavande, citron, menthe douce, pin sylvestre…)
* Utiliser des diffuseurs silencieux et réglables en intensité
* Adapter les senteurs aux objectifs : citron pour la vigilance, lavande pour l’apaisement, eucalyptus pour l’air frais
* Consulter les utilisateurs avant toute mise en place (sensibilités, allergies, refus sensoriels)
Une bonne ergonomie olfactive doit être subtile, facultative et ajustable. Le confort de tous prime sur la stimulation d’un seul.
Lumière et perception visuelle : spectre, chaleur et ambiance
Au-delà de l’éclairage classique, la qualité de la lumière perçue influe fortement sur l’ergonomie visuelle et mentale. Une lumière trop froide ou trop faible provoque fatigue oculaire, maux de tête et irritabilité.
Quelques solutions ergonomiques visuelles :
* Utiliser des lampes à spectre complet, proches de la lumière naturelle, pour les tâches de précision
* Jouer sur la température de couleur : blanc chaud en fin de journée, neutre en matinée, froid pour la vigilance
* Positionner les sources lumineuses de manière latérale pour éviter les reflets directs sur les écrans
* Préférer un éclairage indirect et non éblouissant pour les espaces collectifs
Le design visuel peut également inclure les couleurs des murs, la clarté des matériaux, et la décoration minimaliste afin d’éviter la surcharge cognitive.
Créer des ambiances multisensorielles adaptées à chaque usage
Le design sensoriel devient une stratégie globale quand il est pensé par zone ou par typologie d’activité. Par exemple :
* Espace de concentration : silence, textures douces, lumière neutre, neutralité olfactive
* Espace créatif : sons inspirants, matières texturées, éclairage modulable, senteurs citronnées
* Espace de repos ou de sieste : ambiance tamisée, huiles essentielles relaxantes, fauteuils en matières enveloppantes
* Open space collaboratif : correction acoustique, stimulation visuelle douce, neutralité sensorielle
L’ergonomie sensorielle devient ainsi une alliée précieuse de la QVT, en apportant une personnalisation invisible mais profondément ressentie par les collaborateurs.
Des effets mesurables sur la performance
De nombreuses études ont démontré que les environnements de travail sensoriellement optimisés :
* Réduisent le taux d’absentéisme et les symptômes de fatigue
* Améliorent la concentration et la productivité des équipes
* Favorisent la créativité et la résolution de problèmes
* Renforcent l’engagement émotionnel des salariés envers leur entreprise
En résumé, le design sensoriel n’est pas un gadget décoratif, mais un outil ergonomique puissant, qui complète les solutions mécaniques ou posturales traditionnelles.
Conclusion : une approche sensorielle intégrée à l’ergonomie globale
Intégrer le design sensoriel dans l’ergonomie du travail, c’est considérer la personne dans sa globalité : corps, émotions, cognition. En jouant sur les sons, les matières, les odeurs et la lumière, on crée des espaces plus sains, plus harmonieux et plus propices à l’épanouissement professionnel.
Chez Ergonéos, nous accompagnons les entreprises dans la mise en œuvre de solutions ergonomiques globales, incluant le volet sensoriel. Parce qu’un poste bien aménagé ne se contente pas de s’adapter à la posture, mais aussi aux sens et à l’humain tout entier.
Sources
* INRS – Ambiance des lieux de travail : https://www.inrs.fr
* Université de Montréal – Stimuli sensoriels et performance cognitive : https://www.umontreal.ca
* ANACT – Espaces de travail et bien-être : https://www.anact.fr
* Observatoire QVT – Aménagement sensoriel des bureaux : https://www.observatoire-qvt.org