27/10/2017
Méditer ?
En occident, le mot "méditer" signifie concentrer son esprit sur un sujet pour en pénétrer le sens. La compréhension orientale du même mot est un peu différente : la méditation est une certaine manière d'être là, en quelque sorte vide de tout contenu, sans que pour autant la personne qui médite soit absente; au contraire, l'état méditatif signifie éveil à une autre dimension, la transcendance, qui est l'autre réalité de l'homme.
Il arrive que la vie existentielle, avec ses exigences et ses angoisses, provoque la perte du lien vivant avec cette autre réalité, et l'homme est entraîné dans la course f***e des activités et des pensées, des doutes et des questions sans réponse.
Il vit en fuite devant sa profondeur, qu'il associe à la mort, car la présence qui l'habite dessaisit le petit moi de son pouvoir égoïste et limité de faire, d'agir et de décider.
Au lieu de faire, l'homme devrait laisser-faire; l'action-exploit se verrait remplacée par le vécu de " ...Ta volonté, et pas la mienne" ; et les décisions au profit du petit moi se transformeraient en responsabilité pleine de respect et de tendresse pour soi, les autres et le tout autre.
L'approche de la profondeur se vit d'abord dans une parfaite immobilité intérieure et extérieure, dans une attitude de douceur, sans combat. Puis lentement, à l'aide de l'expiration, on descend au plus profond de soi-même, jusqu'à découvrir un paysage intérieur inconnu et calme. Le lieu de paix est l'habitat de l'être, de cette présence en nous qui appartient à l'autre monde. La rencontre avec l'être ne dure peut-être qu'une seconde, mais elle laisse le souvenir du goût particulier qu'ont le calme et le silence.
Ainsi que la prise de conscience que dans la vie il ne s'agit nullement de devenir toujours meilleur, mais de plus en plus soi-même, c'est-à-direune forme visible qui exprime, traduit, et témoigne de l'invisible.
THEA SCHUSTER