28/02/2026
Cette publication me permet de partager ce que je pense à propos du "concept" (idéologie en fait) de neuroatypie.
Une personne 1 se sent atypique par rapport à une variable A. Elle regarde autour d'elle et elle a l'impression que tout le monde est pareil par rapport à cette variable A. Elle se sent donc atypique ou neuroatypique.
Cela reste une impression car on n'a pas accès à la subjectivité de l'autre. On observe juste un comportement que l'on interprète et classe de manière grossière dans un grand panier fourre-tout.
La personne 2 fait exactement la même chose par rapport à une variable B, ou même A si elle a masqué son ressenti. Elle met toutes les autres personnes y compris la personne 1 dans un autre panier fourre-tout également.
La personne 3 se sent différente sur une variable C. Elle met les personnes 1 et 2 ainsi que 4 etc dans un même panier. Cependant, elle accepte de dire que ses ami(e)s 4-5 et 6 sont identiques à elle sur la variable D mais pas sur la variable C.
Et ainsi de suite.
Chacun se sent différent des autres par rapport à une variable en particulier ou plus.
Chacun est donc légitime de se sentir (neuro)atypique.
Si tout le monde est neuroatypique, où sont les neurotypiques ?
On parle de la norme, mais on oublie que la norme est un résultat mathématique seulement. Un cerveau neurotypique n'existe pas.
La neuroatypie stigmatise et isole. S'isole des autres et isole les autres. Elle juge sur des variables accessibles superficiellement, pas en profondeur.
NB : je ne dis pas que des personnes se disant atypiques ne souffrent pas et je ne refuse pas le diagnostic. Ce qui m'intéresse, c'est d'aider la personne dans sa spécificité. Je fais ça pour toutes les personnes qui viennent me voir sans les mettre dans ce type de case.
Il semble qu’il y ait eu un malentendu à propos de notre épisode du podcast Intensément-Leadact, concernant ce que nous entendions par « neuroatypie » et la raison pour laquelle nous y aurions inclus le HPI.
Ce n’est pourtant pas ce qui a été dit, mais il est possible que je me sois mal exprimé pendant le podcast (entre autres lieux et temps où je me serais mal expliqué 😅 )
Quelques précisions donc :
Ma position personnelle, qui n’a jamais changé, et que j'ai déjà exprimé sur intensément, est que le HPI ne devrait pas être classé parmi les neuroatypies, parce qu’à la base le concept de neuroatypie renvoie aux troubles du neurodéveloppement, c’est-à-dire à des troubles, et que le HPI n’en est pas un.
Mais la notion de neuroatypie ou de neurodivergence n'est pas une notion médicale ou officielle, elle vient des mouvements militants de la neurodiversité, qui insistent sur l’idée que ces troubles du neurodéveloppement seraient avant tout des différences plutôt que des troubles ou des handicaps.
C’est à partir de cette vision des troubles comme de simples différences, combinée à la confusion médiatique et publique qui traite le HPI comme une pathologie, que le HPI s’est retrouvé mélangé aux neuroatypies, en particulier en France.
Il existe aussi de nombreuses personnes, y compris des spécialistes, qui considèrent que le HPI correspond à des capacités cognitives reposant sur une base neurologique différente de la norme, et donc une neuroatypie.
Par ailleurs, depuis 2025, le dictionnaire français Le Petit Robert définit la neuroatypie comme un fonctionnement neurologique qui diffère de la norme, et propose une courte liste : TDAH, autisme, troubles « Dys » et HPI.
À partir du moment où des spécialistes intègrent le HPI dans les neuroatypies, ou que le HPI figure dans la définition d’un dictionnaire de référence comme Le Petit Robert, il devient nécessaire de faire preuve de conciliation, de chercher à comprendre pourquoi certaines personnes ont cette vision, d’en discuter, et d’expliquer clairement votre propre positionnement.
Mon travail, que ce soit avec Intensément, comme je l’ai fait pendant un an et demi avec l’UDHP, ou comme je vais le faire avec Intensément-Leadact, consiste précisément à expliquer d’où vient le terme « neurotypie », ce qu’il signifiait à l’origine, ce que recouvrent les notions de différence par rapport à la norme neurologique, et pourquoi des personnes, des associations et même un dictionnaire en viennent à intégrer le HPI dans la liste des neuroatypies.
Ensuite, mon rôle est de dire : " Maintenant que vous avez ces éléments, vous ne pouvez plus faire comme si vous ne saviez pas. À vous, en fonction de votre positionnement, d’être capables d’expliquer correctement et honnêtement pourquoi vous choisissez d’intégrer le HPI dans une liste qui, à l’origine, ne comprend que des troubles ou des pathologies. "
Il va de soi qu’Anne est sur la même longueur d’onde ; simplement, son travail sera centré sur le coaching, chacun son rôle.
Et ce sera le même processus pour la plupart des sujets que nous traiterons avec Intensément-Leadact.
Vos commentaires sont les bienvenus !!!