31/10/2019
L'occasion de la veille de la Toussaint communément appelé Halloween 🎃 (avec son fameux Jack-à-la-Lanterne) dans les pays anglo-saxons me donne envie de parler de la mort et de la peur (de la mort). De comment cette mort et la peur lui associée est présentée, apprivoisée dans notre société ou plus largement dans la civilisation occidentale.
Alors à l'occasion de cette fête (la thématique s'invite au premier plan car la fête, que ça nous plaise ou pas, attire l'attention collective) nous voyons surgir tout genre de monstres👹, de zombies🧟♀️, de morts-vivants, vampires🧛♂️, loup-garous, squelettes💀, momies et autres fantômes 👻.
Pour moi, ces représentations de la mort nous aident à rester en contact avec ce mystère de la mort et à la fois nous en éloignent par le côte fantasmatique et irréel. Pourtant la mort est bien réelle, mais souvent elle dépasse notre entendement à cause du questionnement existentiel qu'elle déclenche. Quel est le sens de ma vie, quel est le sens de l'existence?
Ce qui se cache derrière, ces représentations, derrière ces masques qui font peur c'est aussi la façon d'aborder la mort et par la même la vie. On vit comme s'il n'y avait pas de mort. Comme des vampires qui veulent vivre à l'infini sur le compte, sur l'énergie des autres ou des ressources de la planète. Ou bien on vit a moitié conscients que l'on vit et on ressemble à des morts-vivants car en limitant constamment notre potentiel humain on est pas vraiment vivants et pas encore morts. En fait, par conséquent, je me rends compte que c'est l'inconscience de la mort chez les autres et chez moi même qui me fait peur.
Memento mori.
Souviens-toi de la mort, souviens toi que tu es mortel.
La mort est une fin. La fin de l'existence comme on la connait. C'est pourquoi cette fin de l'existence est anxiogène. Ça fait peur. Qu'est ce qui se passe après? C'est une fin définitive et tout disparait ou c'est une changement d'état comme l'eau qui bout se transforme en vapeur par exemple? Est-ce que le monde physique est tout ce qu'il y a ou bien y'a-t-il autre chose? Quand quelqu'un meurt c'est pour toujours ?
Non omnis moriar.
Je ne meurs pas en entier.
Selon moi, notre conscience quotidienne basique n'est pas habituée à se confronter avec la mort. A moins que l'on vive des situations extrêmes de guerre tous les jours ou nous travaillons en contact direct avec elle par le biais de notre métier pompier, médecin. Et encore ici l'humain avec son énorme capacité à s'adapter, s'explique les choses, se protège, se ferme malheureusement aussi à la vie et se coupe émotionnellement, s'éloigne psychiquement et spirituellement de ce qui n'est pas tolérable pour lui.
Et c'est OK, mais pour que ces moments difficiles ne deviennent pas souffrance nous avons besoin d'y apporter de la conscience.
Mais devons nous vivre dans la souffrance parce que la vie se finit?
Des proches qui nous ont quittés, des voies de développement que nous n’avons pas choisi, des relations qui se sont terminés, des choix ou non-choix de vie que nous avon fait. Derrière ça il y a un deuil à faire. Et le deuil est un processus extrêmement important à vivre complètement et de préférence accompagné thérapeutiquement pour pouvoir continuer à vivre ensuite pleinement. Plus nous sommes conscients de ce qu'on laisse partir plus nous faisons place à ce qui est nouveau d'arriver.
Enfin la mort fait partie de la vie. Elle donne un cadre dans lequel on évolue. Nous faisons des expériences dans la vie jusqu'à notre dernier souffle. La mort c'est notre limite dans le monde physique. Au-delà nous ne savons pas ce qui se passe. Et plutôt, je parle pour moi: je ne sais pas ce qui se passe après. Cependant il y a des personnes qui ont vécu des expériences de mort imminente, donc à la frontière, à la limite de la mort. Les gens qui ont vécu ça étaient en contact exceptionnel avec la mort. Et ça a été souvent une expérience qui a bouleversé leur vie car ils en sont revenus. C'est à dire qu'il ne sont pas morts de ce qui leur était arrivé et ils ont continué à vivre en changeant leur perspective sur leur vie et sur la vie en général. Ils ont vécu une transformation.
Dans la religion hindoue, un des aspects du dieu Shiva est celui qui détruit ce qui n'a plus lieu d'être. En détruisant l'ancien, il créé le vide et le vide devient créateur. Si l'on s'autorise à vivre le vide, le deuil après la mort, la fin d'une carrière nous découvrirons que nous avons fait de la place à la vie dans nos cœurs, dans nos corps et esprits. Cette ouverture nous permettra de vivre de nouvelles expériences, continuer à grandir, à évoluer pour peut-être se rendre compte que la Vie ne se finit jamais et la Mort est changement et transformation.