11/05/2026
Ce soir je voudrais aborder la notion de responsabilité affective.
C’est bien trop peu connu comme concept même si beaucoup l’identifie sans savoir que cela a un nom.
Cela concerne toutes nos relations les plus importantes: en amour, en amitié, en parentalité et cela annonce pour beaucoup la qualité de la relation ainsi que sa durabilité.
Alors quezako? C’est la capacité à reconnaître que nos actes et paroles ont un impact sur l’autre et par conséquent la capacité à s’excuser et réparer le lien qu’on a pu abimer maladroitement.
Comment on repère si on en est « doté.e » ou si notre entourage l’est? C’est quand:
- on sait écouter et accueillir les émotions désagréables de l’autre, même si on ne les comprend pas dans notre référentiel, sans les nier, ni les banaliser, ni les minimiser, sans les mépriser ou les hiérarchiser par rapport à d’autres souffrances possibles sur cette terre, juste écouter et accueillir,
- on arrive à rester présent sans fuir et sans attaquer, sans juger, si un échange ou une conversation difficile doit avoir lieu,
- on considère que quand on s’autorise soi, ou que l’autre s’autorise, à exprimer une douleur, ce n’est pas de la faiblesse mais une tentative de connexion, d’évolution de compréhension, de maintien de lien. C’est quelque part un cadeau de voir que le lien compte assez pour s’autoriser à exprimer sa vulnérabilité, à prendre le risque de ne pas être compris.e d’emblée,
- aussi, on sait mettre son égo de côté pour accepter d’aller voir en soi en quoi on a pu faire une maladresse, une erreur ou même un acte ou des paroles graves, et le reconnaître en face de l’autre,
- enfin on sait présenter des excuses, de réelles excuses.
Je ferai un post à part entière là dessus tout bientôt car force est de constater que l’on pense globalement savoir s’excuser mais souvent nous aggravons la situation plutôt que de l’apaiser.
Si vous conscientisez que vous n’en êtes pas à ce stade de responsabilité affective et que vous souhaitez évoluer là dessus, c’est tout à fait possible!
Les personnes qui minimisent, banalisent, nient etc les émotions des autres et leur éventuelle responsabilité dans le fait d’avoir abîmer un lien sont souvent des personnes qui invalident elles mêmes leur propres émotions et vécus. Par manque d’auto empathie et de compréhension profonde, elles ne peuvent offrir ce qu’elles n’ont jamais reçu et qu’elles ne s’offrent même pas à elles mêmes…
Quand enfant on vous a dit et répété lorsque vous exprimiez une douleur, une souffrance:
« C’est pas grave! », « arrête de pleurer pour ça! », « relativise, regarde [telle situation] » etc, on a appris qu’exprimer nos ressentis n’était pas légitime ni valide, en tout cas insécurisant puisque nous n’étions pas consolés comme nous en aurions eu besoin. Il y a donc des douleurs et des vécus difficiles à reconnaître, et à réparer quelque part. Pourquoi reconnaître les douleurs des autres si on considère les siennes si peu importantes? C’est leur référentiel.
Attention point de vigilance: si vous reconnaissez quelqu’un de proche dans ce cas d’irresponsabilité affective et de manière répétée, chronique, et que vous souffrez de cela car vous tolérez que le lien subsiste avec cette composante, il y a aussi des choses à aller regarder en soi. Pourquoi vous tolérez que vos ressentis soient invalidés et vos limites pas respectées?
Je ferai aussi un post sur cette notion de poser ses limites souvent mal comprise ou en tout cas pas tenue jusqu’au bout.
Est-ce qu’il y a une part de vous qui pense que pour être aimé.e, il faut être lisse, ne pas déranger, ne pas faire de vagues etc? Peur et/ou trauma lié au rejet bonjour 😉.
Tout cela se travaille, c’est heureusement évolutif!
Il faut aussi reconnaître que dans l’éducation genrée que l’on reçoit, les femmes ont été socialisées à écouter, comprendre, réparer et de facto les hommes ont été socialisés à ce que cette part de responsabilité soit portée par les femmes et ont donc été déchargés de cette prise de responsabilité. C’est de la psychologie sociale et évidemment cela n’empêche absolument pas les cas individuels où ces injonctions sociales inconscientes ne sont pas à l’œuvre. Certains hommes par leurs vécus s’hyperresponsabilisent, souvent à tort, et certaines femmes font preuve d’une grande immaturité à ce sujet.
N’hésitez pas à me questionner en commentaire ou en message privé si vous avez besoin de clarifications!
Merci à vous si vous êtes arrivé.e.s au bout de cette lecture!