16/01/2026
Saviez-vous que des scientifiques ont filmé la gorge d'un chanteur à 4 000 images par seconde pour prouver ce qui rendait la voix de Freddie Mercury littéralement impossible à reproduire ? Le 19 avril 2016, une équipe de scientifiques d'Autriche, de République tchèque et de Suède a publié une découverte extraordinaire : une preuve scientifique que Freddie Mercury possédait l'une des voix les plus uniques de l’histoire de l'humanité.
Dirigée par le Dr. Christian Herbst de l'Université de Vienne, l'équipe a publié ses résultats dans le journal Logopedics Phoniatrics Vocology. Ce qu'ils ont découvert ne se contentait pas d'être impressionnant, il redéfinissait notre compréhension de ce que la voix humaine peut accomplir.
L’étude a révélé que Mercury utilisait des techniques vocales qui ne devraient pas exister dans la musique rock occidentale. Il pratiquait littéralement le chant de gorge – à l'instar des chanteurs traditionnels de gorge touvains de Mongolie – au cœur de ses hymnes rock. La majorité des humains ne chantent ou ne parlent jamais en utilisant les replis ventriculaires, des structures de tissus dans la gorge qui se situent au-dessus des cordes vocales. Ces replis sont en grande partie inactifs dans la vie quotidienne. Les chanteurs d'opéra ne les utilisent pas. Les chanteurs pop non plus. Les seules personnes qui les activent de manière intentionnelle sont les chanteurs touvains, qui consacrent des années à maîtriser cette technique.
Freddie Mercury ? Il le faisait sans effort en criant des morceaux comme "We Are the Champions". Cela s'appelle la phonation subharmonique. Les chercheurs ont filmé les cordes vocales d'un chanteur de rock professionnel à 4 132 images par seconde, essayant d'imiter les "grognements" de Mercury. Ce qu'ils ont vu était extraordinaire : un modèle de vibration à fréquence 3:1 où les cordes vocales ET les replis ventriculaires vibraient simultanément. Cela crée un son plus riche, plus plein – l’impression d'une voix poussée à ses limites absolues tout en maintenant un contrôle total. C'est ce qui donnait à la voix de Mercury cette intensité caractéristique.
Quant à son vibrato, il était aussi unique. Le vibrato moyen d'un chanteur oscille entre 5,4 et 6,9 Hz – un léger et contrôlé balancement de la hauteur de ton. Les chanteurs classiques comme Pavarotti visent un vibrato lisse et régulier, proche de l'onde sinusoïdale parfaite, créant ainsi un son opératique poli. Le vibrato de Freddie Mercury ? 7,04 Hz. Plus rapide que presque tous les chanteurs de l’histoire de la musique enregistrée. Mais la vitesse n'était même pas le plus remarquable. Le vibrato de Mercury était irrégulier – chaotique, presque électrique. Là où celui de Pavarotti formait une onde régulière, celui de Mercury avait une valeur de régularité proche de 0,57. Sa voix ne se contentait pas de vibrer ; elle pulsait d'une énergie imprévisible qui rendait chaque note soutenue vivante, dangereuse, prête à s'enflammer.
L’étude a aussi réfuté un mythe populaire tout en révélant une autre vérité. L'étendue vocale de Mercury n'était pas celle des quatre octaves évoquées souvent – elle était de trois octaves respectables (G2 à G5). Mais voici la révélation : malgré sa réputation de ténor, Mercury était en réalité un baryton. L'analyse de six interviews a montré que sa fréquence médiane de parole était de 117,3 Hz – dans la zone typique d'un baryton. Montserrat Caballé, la soprano qui a chanté avec lui, l’a confirmé : "Il avait une voix de baryton."
Pensez à ce que cela signifie : Mercury chantait naturellement au-delà de sa tessiture de baryton, utilisant des techniques que les chanteurs occidentaux n’utilisent pas, vibrant sa gorge plus vite que ce que la technique vocale classique permet, et ce, tout en commandant la scène avec un génie théâtral.
Que ce soit en chantant "Bohemian Rhapsody", en fredonnant "Love of My Life" ou en grognant sur "Fat Bottomed Girls", sa voix avait une polyvalence qui transcendait les genres. Il pouvait passer de la voix de poitrine au falsetto, du souffle au pressé, adaptant son son à ce que la chanson exigeait.
Le Dr. Herbst a noté quelque chose de profond dans l’étude : "L'apparition des subharmoniques aide à créer l'impression d'un système de production sonore poussé à ses limites, tout en étant utilisé avec une grande finesse. Ces caractéristiques, combinées au vibrato rapide et irrégulier, ont peut-être contribué à créer le personnage scénique excentrique et flamboyant de Freddie Mercury." En d'autres termes, sa voix et sa personnalité étaient indissociables. La science expliquait la magie.
L'ironie ? Lorsque l'on demande aux grands chanteurs, la plupart ne savent pas expliquer comment ils font ce qu'ils font. Freddie Mercury ne savait probablement pas qu’il utilisait des subharmoniques ou que son vibrato fonctionnait à 7,04 Hz. Il chantait simplement. La technique était instinctive, inconsciente – une pure œuvre d'art, inconsciente de sa propre mécanique.
C’est peut-être la partie la plus remarquable. Ce n'était pas calculé. C'était un génie naturel. Freddie Mercury est décédé en 1991, mais sa voix reste intemporelle. L’étude confirme ce que des millions de fans ressentaient déjà dans leur cœur : ce n’était pas juste un grand chanteur. C’était un phénomène – une voix qui défiait les lois de la production vocale conventionnelle et redéfinissait ce que la musique rock pouvait sonner.
"Un véritable artiste repousse les limites, défie les frontières, et laisse un héritage qui résonne à travers le temps." Freddie Mercury a fait tout cela et bien plus encore. La science l'a désormais prouvé.
Sources :
University of Vienna ("Study on Freddie Mercury’s Voice")
Logopedics Phoniatrics Vocology ("Vocal Techniques of Freddie Mercury")