03/03/2026
Interactions sociales : quand même le positif coûte énormément d’énergie
On parle souvent de la fatigue physique, mais on parle moins de la fatigue liée aux interactions sociales.
Et pourtant, pour moi, elle est bien réelle… parfois même plus violente que la fatigue physique.
L’autre jour, c’était un mardi matin.
Je me suis levée en me disant : Quelle chance, aujourd’hui je me sens à peu près en forme.
Ce qui, avec la fibromyalgie, m’arrive rarement.
J’avais l’impression d’avoir pas mal de cuillères, de l’énergie, un peu d’élan.
Je pars avec mon fils à ses soins.
En tout, ça a duré environ une heure et demie.
J’ai interagi avec trois soignants et une maman dans la salle d’attente.
Des échanges courts, banals, rien d’extraordinaire.
Je suis rentrée chez moi à 11h15 du matin...épuisée.
Vraiment épuisée.
Et là, je me suis dit : Voilà. À peine quelques interactions sociales, et j’ai grillé toutes mes allumettes.
J’ai utilisé toutes mes cuillères.
Même les moments agréables me vident.
Quand j’invite une amie à dîner à la maison ce qui est très ponctuel, je suis vraiment contente de la voir. Sinon, je ne l’inviterais pas.
On passe trois ou quatre heures à discuter, à dîner, à échanger.
C’est un bon moment, un vrai moment de plaisir😊.
Mais le lendemain…
Je suis littéralement fracassée.
Impossible de communiquer avec qui que ce soit.
Mode zombie qui répond par des onomatopées activé.🤣
Même répondre au téléphone devient trop difficile.
Je me traîne toute la journée.
J’ai mal à la tête, je suis fatiguée, je n’ai envie de parler à personne.
Je compare souvent ça à une gu**le de bois😅.
Sauf que : je ne bois pas d’alcool du tout, je ne me couche pas à 1h du matin (je sais que je dois me lever très tôt), je ne fais rien d’excessif.
Donc la seule explication logique, c’est ça :
Ces trois ou quatre heures d’interactions sociales m’ont vidée.
Et peut-être également le fait que ça sort de ma routine mais ces petits repas sont toujours planifiés bien en avance.
Avant je pensais que tout venait uniquement de la fibromyalgie.
Et évidemment, elle joue un rôle énorme :
Je me lève déjà fatiguée la plupart du temps.
Je n'ai pas de sommeil réparateur.
Mais depuis le diagnostic, j’observe mieux quand arrivent ces gros épuisements.
Et je vois clairement que : les interactions sociales, même agréables, même courtes, peuvent me coûter énormément d’énergie.
Ce fameux mardi où je me sentais bien le matin…
Quatre interactions rapides ont suffi à tout vider.
Il y a différents niveaux de fatigue.
Quand ce sont des interactions courtes :
Je rentre fatiguée, on mange, je fais une petite sieste, et ça repart.
Mais quand ce sont des interactions longues (plusieurs heures) :
L’épuisement dure parfois toute la journée suivante.
Comme une vraie gu**le de bois sans alcool😵💫.
Malgré tout, je continue.
Même épuisée, je m’occupe de mes enfants.
Surtout de mon plus jeune. Parce qu’il n’y est pour rien. Je prends sur moi. Mais ça a un coût.
Aujourd’hui, je comprends mieux ce qui m’arrive.
Je comprends que ce n’est pas de la paresse, ce n’est pas de l’exagération, ce n’est pas “dans ma tête”.
Les interactions sociales peuvent être belles, riches, importantes, précieuses…
Mais elles restent très coûteuses en énergie pour moi.
Et j’ai besoin d’un vrai temps de récupération derrière.
Depuis mon diagnostic, je mets enfin des mots sur ce que je vivais sans comprendre :
Ce n’est pas que je n’aime pas voir les gens.
C’est que même quand je les aime, ça me vide.
Et ça change beaucoup la manière dont je me regarde.