11/02/2026
"Nous ne devrions pas avoir peur de la
souffrance. Nous ne devrions avoir peur
que d'une seule chose, et c'est de ne pas
savoir comment gérer notre souffrance.
Gérer notre souffrance est un art. Si
nous savons comment souffrir, nous
souffrons beaucoup moins, et nous
n'avons plus peur dêtre submergés par
la souffrance intérieure."
Thich Nhat Hanh, L'Art de vivre
Cette citation est pleine de sagesse , de richesse intérieure et le fruit de longues années de pratique de méditation .
Elle me donne à réfléchir et l'envie de vous partager une partie de mon expérience mêlée de précisions et de nuances.
En pleine conscience , j'ai envie de dire de ne pas chercher à "moins souffrir" même si une partie de nous cherche cet objectif car au fond de nous, nous n'aimons pas souffrir ( normalement consciemment 😉)
L'idée est plutôt d'apprendre à créer une relation différente avec cette souffrance tout en l'acceptant, avec son intensité plus ou moins forte. Alors oui, nous "savons comment souffrir"en l'apprenant, mais je ne suis pas certaine que nous "souffrons beaucoup moins ", du moins pas d'emblée , progressivement oui ou non, suivant notre degré et type de pratique et de souffrance . Je dirai ,de préférence, que nous pouvons apprendre à mieux gérer l'intensité de notre souffrance grâce à une sorte de lâcher-prise nous amenant à la transcender.
Mais si nous cherchons à "moins souffrir" , à nous relaxer, à nous détendre, alors je pense que l'inverse peut se produire surtout si l'intensité de la souffrance est forte suivant l'expérience de nos difficultés.
Quant à la dernière partie de la citation sur la peur, je ne dirai pas que "nous n'avons plus peur d'être submergés par la souffrance intérieure" mais plutôt que nous pouvons mieux appréhender cette peur, mieux la gérer en quelque sorte sans s'attendre à ce qu'elle disparaisse surtout en début de pratique de pleine conscience , sans exigeance sur soi-même, sans attente particulière même si une partie de nous-même souhaiterait qu'elle se volatilise. Et cela peut se produire ou pas.
En revanche, en effet, grâce à une pratique régulière, à un certain niveau, notre cerveau a le pouvoir à la fois de choisir et de se sentir moins submergé par la souffrance.
Ceci dit , cela demande une pratique régulière et constante de la méditation comme la mindfulness, la méditation de pleine conscience, une vraie discipline mentale et corporelle, couplée à la thérapie cognitive et comportementale (évolution personnelle avec les pensées, les émotions nous traversant et nos comportements)
Cela demande aussi de se sentir prêt à grandir intérieurement, à évoluer, de ne pas être exigeant envers soi-même et son accompagnant , son guide de méditation, d'accepter un apprentissage à son rythme , suivre son rythme naturel sur le chemin de la pleine conscience, avec une personne de confiance pratiquant elle-même régulièrement.
Françoise Ruet,
accompagnatrice en mindfulness (méditation de pleine conscience)