19/04/2026
Hier, j’ai passé la journée avec mon amie N. 🤍 C'était une de ces journées vous savez qui ne s’explique pas vraiment mais qui se ressent profondément.
Elle m’a demandé de l’accompagner avec une constellation individuelle (bon elle a dû insister 😄).
Elle me parle d’elle.
De sa vie.
De ce tiraillement.
Elle aimerait retravailler, construire, exister en tant que professionnelle mais sans jamais abandonner ou mettre en danger sa fille.
Sa fille, c’est une enfant douce, fragile, porteuse d'un handicap lourd, avec des crises de convulsions sévères depuis quelque temps. Dans les mots de mon amie, il y a cette peur presque indicible : “Si je m’éloigne, si je travaille, est-ce qu’elle va mourir ?” en tout cas travail = dangers !!!
Alors elle fait ce que font beaucoup de mères: elle s’efface, elle construit, elle déménage, recommence puis finit par tout fermer pour rester auprès de sa fille.
Alors on là place sur le plateau, elle et un "bonhomme" pour représenter sa situation professionnelle. Très vite N. se montre coupée en deux. La tête d’un côté, le cœur de l'autre, puis rapidement la guerre et une autre femme s'invite dans la constellation.
🌟 Sa grand-mère 🌟
Je la questionne sur ce qui s'est passé durant la guerre. À ce moment-là c'est magique. Je vois une clé de compréhension dans les yeux de mon amie.
Je ferme presque les yeux en l’écoutant et
je peux la sentir cette femme debout, en zone occupée dans les tumultes de la Seconde Guerre mondiale. Elle a un commerce, une vie construite et deux enfants (dont le père de N). Et cette décision inimaginable :
Les laisser partir en zone libre pour les sauver. Les voir s’éloigner, et ne pas savoir si elle les reverra un jour.
Elle me confie que c'est ce que sa grand-mère fera. Ses enfants iront en zone libre, et elle restera en zone occupée dans le nord de la France ne pouvant se résigner à quitter le magasin qu'elle avait construit (peut-être par lutte et résistance aussi).
On ne peut qu'imaginer qu'elle reste, oui mais avec le cœur arraché, la peur au ventre et cette pensée qui ne la quitte vraiment jamais :
“Est-ce que je vais les perdre ?”
À cet instant… il n’y a plus de distance entre les générations. Parce que mon amie sans le savoir, est exactement au même endroit.
“Si je lâche ma fille je peux la perdre.”
Hier, il ne s’est pas passé quelque chose de spectaculaire, mais quelque chose de profondément humain.
Deux femmes, à des époques différentes ont enfin été entendues. La peur de la grand-mère peut doucement être reconnue et honorée sans avoir besoin d’être encore portée. Comme si N. pouvait commencer à respirer un peu autrement…
Hier, il y avait de la douceur dans un lieu de guerre. Et ça… ça change déjà beaucoup de choses 🤍