13/01/2026
Gourou ou thérapeute ?
Une amie me disait, au sujet d’un confrère magnétiseur :
« Je ne sais pas pourquoi, mais je ne l’aime pas, celui-là. »
Ça m’a fait sourire car j’avais eu l’occasion de rencontrer cette personne au tout début de ma pratique de magnétiseur. J’étais vraiment content de le rencontrer. J’étais assis à côté de lui pendant le repas… et il ne m’a pratiquement pas adressé la parole, comme s’il était agacé que je sois là.
J’ai une perception assez fine des gens dès le premier regard. J’avais vite constaté que l’aura qu’il entretenait « publiquement » n’était pas du tout en cohérence avec sa véritable aura.
Cette capacité à percevoir les personnes m’a souvent été préjudiciable, car on peut apprendre de presque tout le monde… mais là, j’ai mis ça de côté et je suis rentré assez choqué.
Je n’ai jamais compris cette tendance à jouer les gourous quand on est magnétiseur, et c’est hélas ce que je constate chez beaucoup de confrères.
À mes débuts, je m’étais régalé en lisant l’ouvrage d’un célèbre magnétiseur breton que je prenais comme modèle d’humilité – c’est du moins ce qui transpirait de son livre.
Mais chemin faisant, en Bretagne, j’ai réalisé des séances pour des consultants qui l’avaient rencontré. J’ai alors découvert l’image d’un businessman qui enchaînait une séance toutes les 10 minutes et qui, parfois, avait des mots qu’aucun thérapeute ne devrait employer : des mots qui blessent, qu’on ne balance pas comme ça à une personne en souffrance.
Il y a aussi ces magnétiseurs « anciens médecins » qui, je ne sais par quelle pirouette, arrivent encore à écrire « Docteur » sur leur couverture et qui vendent des formations de toutes sortes à prix d’or… des formations qui ne sont même pas dispensées par eux !
Ce sont de véritables gourous. Les commentaires, presque tous écrits par des femmes, ressemblent à des prières : elles se prosternent, sans même s’en rendre compte.
Moi, j’ai toujours pris le contre-pied : j’ai interdit ce genre de ferveur. Et quand un commentaire dérape vers l’extase, je l’efface sans hésiter.
On pourrait alors me trouver égocentrique.
Mais non : j’écris ça pour qu’au moment où on dira « Christian », ce ne soit pas l’image d’un gourou qui vienne à l’esprit.
C’est celle d’un mec qui soulage sans costume. Un mec qui reste à hauteur d’homme.
Cette capacité, elle m’est venue sans que je la demande. Je ne suis ni le sauveur, ni le guide suprême.
Mais elle est là, alors je l’utilise : pour que quelqu’un souffre un peu moins.
Pas pour être applaudi.
Juste pour qu’il y ait un peu moins d’ombre autour.
Quand j’affiche des témoignages, ce n’est pas pour les flatteries ; c’est pour montrer que ça marche.
Que quelqu’un qui souffre peut encore espérer.