15/04/2026
REVOIR SON HISTOIRE AUTREMENT
Nous avons tous vécu des moments difficiles dans notre vie, des espaces où rien ne semblait aller comme nous le souhaitions. Nous avons percuté sur les événements tragiques, dramatiques, impactant notre vie. Depuis, la plupart d’entre nous traînons ces drames comme autant de casseroles à notre actif.
Ce que nous avons trop souvent tendance à oublier, c’est que nous avons aussi vécu de beaux moments, de doux instants de bonheur, de paix, de joie, des moments cocasses qui nous ont fait rire, nous ont rendus heureux. Alors pourquoi nous rappelons-nous davantage des moments malheureux? N’avons-nous donc pas compris que ce que nous avons retenu de notre histoire passée façonne notre présent? Toutes ces « blessures » que nous traînons comme autant de cicatrices balafrent le visage de notre vie actuelle.
Et si, à partir de maintenant, nous réécrivions notre histoire pour n’en retenir que les bons moments? Ne trouvez-vous pas que nous avons accordé suffisamment de temps, d’espace et d’énergie aux drames? Si nous choisissions de laisser tomber la réminiscence de nos souvenirs difficiles et que nous faisions plutôt la liste de nos bons moments dans notre vie, ceux-ci viendraient peu à peu redéfinir notre présent.
Ainsi, si j’arrête de focaliser sur le fait que ma mère m’a abandonné/e mais que je mette plutôt l’accent sur la chance que j’ai eu d’avoir été adopté/e par une bonne famille, je ne ravive plus la blessure d’abandon ou de rejet à tout moment mais me concentre plutôt que le privilège que j’ai eu d’avoir été épargné/e de bien des soucis.
SI j’arrête de mettre toute mon attention sur le fait que je suis arrivé/e au mauvais moment dans ma famille à cause des conditions qui y prévalaient à ce moment-là, je peux mettre l’accent sur les moments privilégiés que j’ai eu avec mon père en tant que petit dernier qu’on a chéri autrement, avec peut-être plus d’attention que pour les autres?
Si j’arrête de croire que je suis né/e sous une mauvaise étoile et que je ne suis pas doué/e pour le bonheur, je peux mettre mon attention sur tous les petits et grands moments de joie que j’ai connu dans ma vie et les ramener plus souvent à ma conscience, plutôt que de raconter à quel point je l’ai eu difficile.
Si je cesse de déplorer que mon enfance se soit vécue dans des conditions difficiles mais que j’observe plutôt à quel point ces défis m’ont rendu/e plus fort/e, plus solide, plus débrouillard/e, alors je peux voir le positif de mon histoire au lieu de ramener constamment le négatif.
Si j’arrête de raconter comment ma dernière séparation a été épouvantable, je peux mettre l’accent sur tout le soutien dont j’ai pu bénéficier à ce moment-là de la part de mes amis, de ma famille, parfois de purs inconnus, comme des anges placés sur ma route, ne serait-ce que pour un sourire ou une porte tenue ouverte au moment opportun.
Nous pouvons tous réécrire notre histoire, sans nous mentir, sans nous dénaturer mais seulement en focalisant sur le bon plutôt que sur le mauvais, sur le beau plutôt que sur le laid, sur le doux plutôt que sur le dur. En réécrivant notre histoire, sans la trahir, nous récrivons aussi notre présent, pour y faire fleurir le beau, le bon et le meilleur. N’est-ce pas ce à quoi nous aspirons tous?
Diane Gagnon
www.neuro-therapeute.fr