19/01/2026
Récemment en consultation, j’ai reçu une jeune fille présentant des symptômes d’angoisse importante : palpitations, ruminations, cauchemars… Ses parents, très démunis, ne comprenaient pas l’origine de cette anxiété, car aucun événement déclencheur évident ne semblait présent.
C’est alors que j’ai posé une question souvent sous-estimée :
📺 « Quelle est la place des écrans et des informations à la maison ? »
Les parents, un peu surpris, m’expliquent que la télévision est souvent allumée pendant les repas. Même si leur fille ne regarde pas « attentivement », cela ne leur semblait pas empêcher les échanges familiaux.
Oui, mais… il y a un mais.
Les médias d’information actuels ne sont pas adaptés aux enfants. Images choquantes, sons anxiogènes, récits violents ou catastrophiques : les enfants n’ont pas toujours la maturité cognitive et émotionnelle pour comprendre, trier et mettre à distance ce qu’ils perçoivent.
Sans accompagnement, ces contenus peuvent générer confusion, peurs et surcharge émotionnelle.
Dire oui à l’information, à la prévention et à la compréhension du monde, bien sûr.
Mais de manière adaptée :
📚 privilégier des supports pensés pour les enfants (livres, magazines jeunesse, certaines émissions ou podcasts),
💬 surtout, en parler avec eux : leur demander ce qu’ils ont compris, ce qu’ils ont ressenti, s’ils ont des peurs ou des questions.
Les médias ne sont pas dangereux en soi. En revanche, un usage inadapté peut fragiliser le développement de l’enfant :
• difficultés d’attention,
• confusion entre réel et imaginaire,
• appauvrissement des interactions,
• surcharge émotionnelle.
L’enfant a besoin d’adultes médiateurs : mettre des mots sur ce qu’il voit, expliquer, rassurer, poser un cadre clair et ajusté à son âge. Protéger l’enfant des médias, ce n’est pas l’en isoler, c’est l’accompagner pour l’aider à grandir en sécurité dans un monde saturé d’images.
Source. : https://shs.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2005-1-page-15?lang=fr