22/05/2025
Mr Raphaël legendre !
(BFM TV)
Permettez-moi de réagir fermement à vos propos selon lesquels « certains taxis profiteraient d’une véritable rente liée à l’argent public ». Cette formulation est non seulement inexacte, mais profondément méprisante envers les dizaines de milliers de professionnels du transport sanitaire qui travaillent chaque jour, souvent dans des conditions difficiles, pour accompagner des patients vers leurs soins.
Par définition, une rente désigne un revenu régulier perçu sans contrepartie de travail ou de risque, comme le produit d’un capital ou d’un droit acquis. Rien n’est plus éloigné de notre réalité quotidienne. Nos revenus ne tombent pas du ciel. Ils sont le fruit d’un travail intensif, souvent en horaires décalés, les week-ends, les jours fériés, y compris pour des trajets longs, répétitifs, et parfois éprouvants.
Les entreprises de taxi, en particulier dans le transport sanitaire, ne sont pas des rentiers. Ce sont des acteurs économiques de terrain, implantés dans toutes les zones du pays, y compris là où personne d’autre ne va. Nous sommes un maillage essentiel du territoire : dans les zones rurales, nous sommes souvent le dernier lien entre les patients et les soins, quand l’hôpital ou le centre de dialyse est à 80, 100 ou 150 kilomètres. Il s’agit d’un service public de fait.
Nous répondons à des prescriptions médicales, dans un cadre rigide et contrôlé. Notre tarification est réglementée par l’État, nos délais sont imposés par les besoins médicaux, nos contraintes administratives sont nombreuses, et nous assurons la continuité des soins souvent à perte dans certains territoires.
Parler de rente, c’est méconnaître la réalité du terrain. C’est insulter l’engagement professionnel, le sacrifice personnel, et les investissements que ces femmes et ces hommes assument chaque jour pour maintenir un service de proximité, humain, dans un système de santé que d’autres désertent.
Le vrai débat porte sur la justice tarifaire, la pérennité du service, et le respect du travail fourni. Ce que nous défendons, ce ne sont pas des privilèges, c’est le droit de continuer à exercer notre métier dignement, au service des patients, dans un pays qui ne doit pas oublier qu’un service de santé sans mobilité n’est pas un service de santé.