17/04/2026
Aujourd’hui, beaucoup célèbrent la reconnaissance des doulas au Brésil.
C’est une chouette nouvelle.
Parce que derrière, il y a une réalité :
Des femmes insuffisamment accompagnées , parfois violentées, des césariennes à gogo, un besoin urgent de remettre de l’humain là où il s’est perdu (industrialisation des naissances).
Alors oui, dans certains contextes, reconnaître le métier de doula protège.
Mais tout dépend toujours du système, du contexte dans lequel cette reconnaissance s’inscrit.
Et c’est là que, pour moi, la réflexion commence…
Parce qu’en France, nous ne partons pas du même endroit. Nous sommes déjà dans un système profondément structuré, encadré, réglementé, administré, managé.
Et ce que j’observe, dans ces systèmes-là,
c’est qu’ils finissent souvent par s’éloigner du vivant.
Ça se voit dans les domaines de la santé, de l’éducation, du funéraire (un jour on en parlera davantage).
Bref, plus on encadre, plus on sécurise… mais plus on réduit aussi les pratiques, les choix, les possibles, les espaces de liberté.
Alors la question n’est pas : faut-il reconnaître les doulas ?
Mais : qu’est-ce qu’on transforme,
quand on les fait entrer dans ce type de cadre ?
Une doula, à l’origine, ce n’est pas un rôle figé. Ce n’est pas une fonction normée. C’est une présence, un soutien, un lien.
Une capacité à accompagner le vivant, dans ce qu’il a de mouvant, d’imprévisible, et d’unique.
Et ça, par nature, ça déborde des cases.
Alors oui, reconnaître, c’est aussi définir, (dé)limiter.
Autoriser, mais aussi interdire.
Et parfois, sans même s’en rendre compte, on ne protège pas seulement. On transforme, on rend acceptable ou conforme. On rend compatible.
Mais à quel prix ?
Parce qu’au fond, une question me traverse : tout ce qui est reconnu est-il encore libre ?
Peut-être que la véritable avancée n’est pas d’intégrer les doulas au système, mais d’aller plus loin.
De reconnaître, dans la loi que chaque femme a le droit d’être accompagnée, librement, par la ou les personne(s) de son choix. Sans validation ni formatage, sans filtre.
Il ne s’agit pas seulement d’organisation, mais aussi de souveraineté… Et de la place que nous laissons encore au vivant.
Qu’en penses-tu?