15/02/2026
Le deuil n’est pas seulement la perte d’un être.
C’est une traversée.
Traversée quand un corps s’éteint.
Traversée quand une relation se délite.
Traversée quand une version de nous-même meurt en silence.
Le deuil nous met à nu.
Il nous arrache aux certitudes.
Il nous oblige à rencontrer l’absence.
Quand quelqu’un meurt, ce n’est pas seulement une personne que l’on perd.
C’est une voix. Une odeur. Un regard posé sur nous d’une manière unique.
C’est un morceau de notre histoire qui cesse de se raconter au présent.
Et pourtant…
Dans le silence du manque, quelque chose continue de vibrer. L’amour ne meurt pas.
Il change de forme.
Le deuil d’une relation est une autre forme de mort.
Un futur imaginé s’effondre.
Des projets se dissipent. Une intimité se retire.
Alors il faut consentir.
À ce qui n’est plus.
À ce qui ne sera pas.
À ce qui échappe.
Car le deuil ne se vit pas seulement dans la tête.
Il se vit dans la chair.
Il s’inscrit dans le corps autant qu’il touche le cœur.
Il serre la gorge.
Il pèse sur la poitrine.
Il noue le ventre.
Il fatigue les os.
Le corps devient le lieu de transformation.
Là où l’émotion peut enfin circuler au lieu de se figer.
C’est une énergie brute.
Si on la refoule, elle s’enkyste.
Si on l’accueille, elle se transforme.
Accueillir le deuil dans le corps, c’est laisser les larmes couler. Respirer dans l’oppression.
Poser une main sur son cœur quand il tremble.
Remettre doucement du mouvement là où tout semble figé.
Le deuil n’est pas un problème à résoudre.
C’est un passage à honorer.
Il élargit le cœur. Il nous rend plus humble.
Plus vrai. Plus vivant.
Alors si tu traverses un deuil, ne va pas plus vite que ton âme.
Reste proche de ton corps.
Laisse les vagues te traverser.
Et doucement,
ce qui était une déchirure peut devenir profondeur.
Une énergie transformée.
Une manière plus vaste d’aimer, encore et toujours,
au cœur du Vivant. 🤍
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