03/02/2026
AGRESSION D'UNE PROFESSEURE PAR UN ÉLÈVE DE 15 ANS EN PLEINE CLASSE À SANARY SUR MER :
L’agression d’une professeure à Sanary-sur-Mer par un élève de troisième est un événement d’une gravité extrême.
Au-delà de l’émotion légitime et de l’indignation, ce drame nous oblige à une réflexion collective sérieuse, lucide et exigeante.
La violence d’un adolescent n’apparaît jamais ex nihilo.
Elle s’inscrit presque toujours dans une trajectoire psychique, éducative et sociale marquée par des failles, des renoncements, parfois des aveuglements.
Cela ne constitue en rien une excuse, mais une nécessité de compréhension si l’on veut prévenir plutôt que seulement réparer.
La santé mentale des élèves doit être pensée comme un pilier fondamental de l’École. Repérage précoce des troubles, accès réel aux soins psychologiques et psychiatriques, articulation entre l’institution scolaire, le secteur médical et les familles : nous sommes encore très loin du compte.
Un adolescent en grande souffrance psychique ne se « corrige » pas par la seule discipline, pas plus qu’il ne se soigne par la seule bienveillance verbale.
L’éducation commence bien avant les murs de l’école.
Les parents ont une responsabilité essentielle dans la construction psychique de l’enfant : poser des limites claires, cohérentes, constantes, dès le plus jeune âge.
Le cadre n’est pas l’ennemi de l’amour ; il en est la condition.
En psychanalyse comme en psychiatrie du développement, l’absence de limites structurantes est reconnue comme un facteur majeur de désorganisation psychique et de passages à l’acte.
L’éducation des enfants implique aussi l’apprentissage de la frustration, de l’altérité et de la loi.
Une société qui refuse toute sanction produit des individus qui ne reconnaissent plus aucune limite. Les sanctions, lorsqu’elles sont justes, qu'elles ont du sens, proportionnées et explicites, ne sont pas des violences : elles sont des repères.
Elles participent à la construction du surmoi, à l’intégration de l’interdit, à la capacité de vivre avec les autres.
Il en va de même pour les parents. La responsabilité parentale ne peut être un concept abstrait.
Lorsqu’il y a des défaillances graves et répétées, la question de sanctions éducatives ou juridiques à l’égard des adultes doit pouvoir être posée, non par esprit punitif, mais par souci de protection collective et de prévention.
Être bienveillant ne signifie pas être permissif. Être ferme ne signifie pas être maltraitant.
L’enjeu est précisément de tenir ensemble ces dimensions : soin psychique, exigence éducative, cadre clair, sanctions justes.
Ce drame doit nous rappeler une chose essentielle : protéger l’École, c’est protéger ceux qui y enseignent, mais aussi ceux qui y grandissent.
Et cela exige du courage intellectuel, politique et éducatif. Pas des slogans.
Un travail de fond.